L'informatique appliquée à l'histoire | La quête du futur en histoire

Nov/14

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Le patrimoine culturel de l’Amérique française sur le Web

 

L’Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française est un ouvrage multimédia en ligne depuis 2008, financée en partie dans le cadre du programme Fonds interactif du Canada de Patrimoine canadien. L’objectif poursuivi par l’encyclopédie est de décrire le patrimoine par la participation de spécialistes sur la question en présentant les principaux éléments patrimoniaux de l’Amérique française. De plus, l’encyclopédie veut créer un lieu de réflexion et d’exploration sur les manières que le patrimoine se constitue.

 

Pour parvenir à ses objectifs, l’encyclopédie utilise plusieurs approches. De fait, il y a beaucoup plus que des articles rédigés par des spécialistes. Par exemple, on retrouve des capsules vidéo de toutes sortes comme des documentaires, des extraits d’événements importants comme le référendum de 1995, des méthodes de fabrications de différents produits, des reconstitutions historiques, des événements sportifs et de commémorations, etc. Ces documents audiovisuels se rattachent tous à un élément du patrimoine de l’Amérique française et sont parfois reliés à des articles scientifiques de l’encyclopédie.

De plus, le contenu de cette encyclopédie comprend même un répertoire d’extraits de chansons très hétéroclites toujours en lien avec le patrimoine de l’Amérique française. Il y a des chansons des années 1900 à 2009 allant de La Bolduc aux Trois Accords.

Par la suite, une vaste banque de données d’images est présente sur le site internet. Par ailleurs, une section nommée : « 360° » permet de voir certains objets sur 360 degrés pour mieux voir certaines caractéristiques précises. En outre, cette section comprend aussi des lieux précis comme la Basilique Notre-Dame de Québec, qui reprend ce même concept, mais avec une série de photo prise de façon à obtenir une vision de 360 degrés sur les lieux.

Par ailleurs, l’Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française offre aux enseignants du secondaire et du collégial un outil pour se servir du site internet dans leurs classes en offrant un plan chronologique avec des articles et des vidéos reliés à l’enseignement de l’histoire du Québec, par l’entremise du patrimoine.

Pour la dernière section, on retrouve une série de jeux sérieux qui aborde les sujets du patrimoine, de la traite des fourrures, des chansons francophones des années 1900 à 2009 et du théâtre francophone.

 

L’intérêt des historiens pour ce site réside dans le fait qu’il s’agit d’une véritable plateforme de diffusion du patrimoine culturel de l’Amérique française, qui est en constante évolution. De fait, on peut aller jusqu’à dire que l’Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française est même un mécanisme de patrimonialisation, puisqu’au lieu d’insister sur le caractère permanent du patrimoine, comme on le voit souvent, l’Encyclopédie le présente comme un phénomène dynamique, toujours en construction. De plus, il ne s’agit pas seulement d’une synthèse des connaissances acquises sur les divers sujets traités, l’Encyclopédie tente de démontrer les mécanismes et les usages sociaux du patrimoine aujourd’hui. En outre, elle fait appel à des nouveaux modes de diffusion pour présenter le patrimoine.

 

Par contre, même si cette encyclopédie s’est méritée la mention Coup de cœur des prix Mérites du français 2011, elle est toujours en constante évolution et contient quelques lacunes. Par exemple, il y a au total 331 articles, ce qui représente encore aujourd’hui une faible proportion des éléments présents du patrimoine culturel de l’Amérique française. De plus, lorsque l’on soumet un texte à l’Encyclopédie, on exige une bibliographie de 5 à 10 titres, par contre il n’y a pas de directive sur les notes en bas de pages. Ce faisant, certains textes présents gagneraient beaucoup plus en valeurs pour les historiens s’il y avait davantage de référence en note en bas de page. Ensuite, les vidéos complètent bien certains articles. Par contre, le répertoire des chansons est quelque peu laissé à lui-même puisqu’aucun lien n’est fait avec les articles. Le seul lien que l’on retrouve avec le reste du site est lorsque l’on joue au jeu sérieux des chansons francophones, puisqu’il donne l’histoire de certaines chansons en périphérie. Par la suite, la section des images et des objets sur 360 degrés est intéressante et très immersive lorsque l’on choisit l’intérieur d’un bâtiment. Cependant, pour les objets en 360 degrés, certains d’entre eux semblent peu pertinents, une simple image pourrait suffire, en d’autres mots une image en deux dimensions peut donner la même information que celle en 360 degrés. Pour ce qui est de la partie pour les enseignants, elle est bien construite et constitue un support intéressant pour ceux-ci.

 

En somme, il s’agit d’une encyclopédie très intéressante qui offre tout de même beaucoup d’informations sur le patrimoine culturel de l’Amérique française et qui va certainement gagner en pertinence au fil des années par l’accumulation de documents sur le patrimoine.

 

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Nov/14

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MapStory : Une nouvelle façon de voir les cartes animées?

  MapStory est un service de création de carte géographique en ligne ouvert à la communauté. Cette initiative a été mise sur pied par la MapStory Foundation en avril 2012. Son objectif est de créer un outil de création de cartes sur un modèle ouvert dans lequel tous pourraient participer. De plus, elle espère être en mesure de créer une communauté d’expert en matière de cartographie pour y faire du travail de type production participative.

 

En raison de l’interface utilisée pour présenter les travaux, le terme carte semble un peu dépassé pour être appliqué à MapStory. En effet, on s’éloigne ici du design classique de la carte qui est en fait une image statique avec des informations dessus. Avec MapStory, les créations géographiques s’apparentent plus à des vidéos que des cartes dans lequel s’enchaine une succession d’images dans le but de démonter une évolution à travers le temps. Par exemple, on peut démonter l’entrée en guerre des différents pays au cours de la Grande Guerre en utilisant MapStory. Dans ce cas, on nous montrerait une carte de l’Europe avec des données qui s’afficheraient successivement à mesure que l’on défilerait sur la ligne du temps. Ces informations seraient superposées à la carte de base. Un autre exemple nous présente l’évolution de la ville de Los Angeles à travers le temps. Ici, on voit la ville s’agrandir au fil du temps alors que l’agglomération englobe graduellement les districts qui l’entourent. Cette fois-ci, il n’y a pas d’information textuelle qui est rajoutée, mais on peut observer une évolution géographique de la ville. Dans les deux exemples, on peut voir l’évolution à travers le temps de «l’histoire» de notre sujet, d’où le nom MapStory.

 

  MapStory se veut éminemment ouvert et fonctionne majoritairement avec ce type de donné. Les cartes produites par les utilisateurs sont diffusées sous la licence creative commons et sont réutilisables et modifiables par les autres membres. L’objectif est aussi de pouvoir avoir une évaluation des pairs pour que les cartes subissent une amélioration constante. La diffusion de ses cartes est donc une priorité pour les fondateurs du site. De plus, il est aussi possible d’encaster les cartes à l’intérieur même d’autres sites. Le vidéo d’introduction nous informe même que l’un des buts de la MapStory Foundation est d’un jour voir ses cartes utilisées sur Wikipédia. Un autre aspect intéressant de MapStory est sa fonction de layer ou couches. Ses couches sont en fait le matériel de base de la carte. C’est en superposant diverses couches que l’on réussit à obtenir une carte animée. Prenons l’exemple de la guerre de Sécession américaine. Une couche peut représenter une carte des États-Unis, une autre la division des États selon leurs allégeances et puis une dernière qui représente les grandes batailles. La superposition de ces trois cartes donne comme résultat final une carte animée sur la guerre de Sécession. L’intérêt de ce système est que chaque couche peut être extraite de la carte finale pour être utilisée dans un autre projet. De cette façon, le travail des utilisateurs bénéficie à tout le monde.

 

Comme l’interface de MapStory est un peu complexe à apprendre, les gestionnaires du site ont créé un wiki pour aider les utilisateurs à s’y retrouver. À L’intérieur de ce Wiki, on retrouve plusieurs informations relatives à l’utilisation de MapStory spécifiquement, mais on peut aussi consulter la section MapSchool. Cette section constitue en quelque sorte une formation accélérée sur les principes de géolocalisation nécessaires à l’utilisation du logiciel.

 

Bien que l’initiative MapStory soit intéressante pour son côté ouvert et gratuit, l’interface laisse à désirer. L’impossibilité d’avoir une interface en français peut rendre l’outil plus difficile à utiliser et restreindre son adoption chez les gens qui ne maîtrise pas l’anglais.   L’aspect ouvert peut aussi être problématique. Comme un peu tout le monde peut aller créer des cartes, il arrive que celles-ci soient mal conçues et que l’information y soit mal à être diffusée. Si l’on reprend l’exemple de la carte sur la Grande Guerre, les informations sont si nombreuses et si mal placées qu’elles finissent par se superposer sur elle-même, rendant le tout très difficile à lire. De plus, il existe des solutions dites classiques à MapStory. Il est possible de simplement prendre une image et d’y accoler des animations pour faire le même effet que MapStory. Par contre, cette solution peut être difficile à faire et être relativement couteuse, ce qui n’est pas le cas de MapStory.

 

  MapStory peut donc avoir son utilité pour les historiens en ce qui a trait à la diffusion de l’information sur une carte ou pour simplement avoir une vision globale d’un événement dans le temps et l’espace. Le système de correction par les pairs peut avoir ses bons comme ses mauvais côtés. Par contre, cette caractéristique n’est pas spécifique à MapStory, mais s’applique à plusieurs initiatives ouvertes sur internet comme Wikipédia. Bien que l’interface de MapStory laisse un peu à désirer par rapport à des services comme les cartes animées, le côté gratuit de MapStory laisse entrevoir des possibilités quasi illimitées. Par contre, le fait que les sources ne soient pas toujours citées met un frein à l’utilisation pour la recherche. Il ne faut pas non plus oublier que le développement de MapStory n’est pas encore terminé. Nous en sommes donc à juger un service qui n’est pas encore à son plein potentiel.

 

 

Bref, il serait négligent de la part d’académiciens travaillant sur des données spatio-temporelles d’ignorer totalement les possibilités de MapStory au niveau de la recherche, mais surtout pour la diffusion. Par contre, seul le temps nous dira si le service peut devenir un incontournable dans la trousse à outils de l’historien.

 

 

 

Cédrik Lampron

 

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Géré par la Fédération interrégionale du livre et de la lecture (FILL) et aidé par le Centre national du livre (CNL) et la Société française des intérêts des auteurs de l’écrit (Sofia), le site GéoCulture – La France vue par les écrivains propose depuis 2013 à ses usagers une expérience de « réalité augmentée de la littérature offrant une redécouverte, une réinvention d’un lieu […] ».[1] Cette expérience vous suggère de parcourir l’une des onze régions françaises présentées tout en écoutant ou en lisant un des 600 extraits de romans géolocalisés. Le lieu peut être un quartier, un bâtiment, un site naturel, une route, etc. Chaque extrait est relié à un emplacement géographique réel sur la carte de la région (via Google Map), un court texte décrivant son lien avec le territoire, l’œuvre entière, ainsi que son auteur. Les extraits d’œuvres anciennes y côtoient les plus récentes. En tant que lecteurs, vous êtes aussi invités à participer au développement du site en envoyant des extraits de romans sur les régions choisies. Parmi les objectifs principaux de ce site, nous retrouvons notamment : valoriser le patrimoine littéraire, toucher des publics éloignés de la lecture, participer à la valorisation des territoires ou s’inscrire dans la chaine du livre en tant que promoteur de l’édition contemporaine.

 

Outre les touristes mordus d’activités culturelles, cette expérience en ligne pourrait aussi intéresser des chercheurs en études littéraires s’intéressant par exemple à l’intégration du système d’information géographique en sciences humaines, à la géopoétique (esthétique des lieux dans la fiction), aux médiateurs littéraires (individus ou institutions ayant un certain pouvoir sur le livre) ou au concept de littérarité (ce qui fait d’un texte un texte littéraire). Ce dernier concept se trouve en effet au cœur du processus de sélection des extraits de texte du site. Les critères de sélection qui y sont appliqués pourraient s’avérer discutables : on affirme par exemple que les textes doivent « avoir été publiés par des maisons d’édition, être géolocalisables et posséder un caractère littéraire. » [2] Tout texte ne répondant pas à cette grille semble jugé indigne d’intérêts. Mais qu’est-ce qu’un texte géolocalisable? Et surtout, de quel caractère littéraire est-il question? Le site ne livre pas davantage d’informations sur le sujet, mais laisse du moins penser que la sélection n’est pas fortuite.

 

Parmi les autres éléments discutables, retenons-en deux. Commençons par la non-représentativité de l’ensemble de la communauté française. La sélection de onze régions sur vingt-sept, c’est soit beaucoup, soit très peu. Beaucoup dans le sens que l’on aurait pu expliquer l’étude d’une seule région (l’ensemble est trop vaste, le travail serait trop ardu). Très peu dans le sens que par rapport à l’ensemble, le résultat final est peu représentatif d’une France vue par les écrivains. Ensuite, accordons que l’idée de demander aux internautes de participer au développement du site possédait, dans l’intention, un certain charme. Mais qu’en est-il au final? La sélection très orientée des textes (évoquée plus haut) ne contredit-elle pas cette idée « d’entraide » communautaire ? Ces deux derniers points peuvent sembler vétilleux de prime abord, mais représentent pourtant bel et bien des choix réels ayant des impacts concrets sur toute la chaine du livre.

 

Les différents médiateurs du livre influencent tous plus ou moins les critères de littérarité au fil du temps. La reconnaissance de leur pratique (par les pairs ou le public) demeure l’un des facteurs importants influençant le pouvoir qu’ils en retirent. À ce stade, ce site demeure peu connu dans le milieu littéraire international. Mais il n’est en ligne que depuis 2013. S’il acquiert une certaine notoriété dans le futur, espérons qu’il saura accorder une exposition plus équitable des romans français en général.

[1] : Site internet GéoCulture – La France vue par les écrivains, « Contribuer », 2014, p. 1.

[2] : Site internet GéoCulture – La France vue par les écrivains, « Contribuer », 2014, p. 1.

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Oct/14

20

CartoDB : Le SIG à son meilleur

 

Comme son nom l’indique, CartoDB est un logiciel de cartographie reliant une base de données. Plus précisément, il s’agit d’un système d’information géographique (SIG), c’est-à-dire un système permettant de présenter, d’organiser et de créer des données alphanumériques spatialement référencées, autrement dit géoréférencées, pour permettre au final de produire des cartes et des plans.

 

Ce moteur cartographique d’analyse et de visualisation basé sur le « cloud » donne la possibilité d’utiliser des données géoréférencées en format xls, csv, kml, sql, geojson et plus encore. Parfois, ces données sont déjà présentes dans CartoDB, mais il est aussi possible de retrouver des « opendata » pour élargir, améliorer et faciliter la création de la carte que l’on désire réaliser. Une fois la base de données établie dans le système, on peut faire apparaître les données sur la carte selon différents modes de représentations des données, comme par des points, des polygones et des lignes. De plus, plusieurs outils de customisations permettent d’agencer l’aspect graphique de la présentation des données sur la carte. Par la suite, on peut jumeler les premières données rentabilisées, avec une seconde base de données, pour pouvoir les mettre en perspectives en les observant simultanément sur la carte.

 

CartoDB met à notre disposition des données accessibles en termes de format et crée des outils pour améliorer le traitement de celles-ci. Ce faisant, plusieurs organismes ou individus peuvent utiliser ce système pour parvenir à déceler différentes variables mises ensemble. De cette façon, le « crowdsourcing » peut être utilisé pour développer la quantité et la qualité des bases de données. En somme, l’objectif principal de CartoDB est de donner une accessibilité aux outils géomatiques à un public le plus large possible tout en demeurant un outil complet pour les experts.

 

Pour les historiens, CartoDB procure une plateforme aux possibilités presque infinies. Par exemple, on peut mettre en image des phénomènes particuliers en apposant plusieurs bases de données en relations pour en ressortir un propos remarquable visuellement. D’ailleurs, plusieurs travaux d’historiens recourent aux SIG pour maximiser la compréhension et l’élaboration de leurs propos. De ce fait, CartoDB est un outil de choix pour ceux-ci tout comme pour plusieurs organismes réputés comme l’université Harvard, le National Geographic, la Croix-Rouge, la NASA et plusieurs autres.

 

Par contre, lorsque la base de données que l’on désire n’est pas disponible et que l’on doit la créer de toute pièce avec les données récoltées préalablement, la complexité du logiciel s’accentue radicalement. De ce fait, des compétences dans la programmation deviennent de précieux atouts dans la réalisation. En outre, élaborer une base de données de ce type requiert en plus des compétences nécessaires une charge de travail importante, alors l’historien doit se demander si la réalisation d’une telle entreprise est nécessaire et si cela vaut la peine d’investir une grande partie de son temps à l’élaboration de la carte pour son propos.

 

En somme, au fil du temps, CartoDB va devenir un outil de plus en plus complet par l’entremise des individus et organismes travaillant à élaborer des bases de données géoréférencées. Par contre, il y aura toujours de nouvelles voies à explorer pour les historiens dans l’analyse spatiale, alors ils devront développer des compétences connexes dans la programmation dans ces types de bases de données pour parvenir à leur fin. De façon générale, ce logiciel permet d’améliorer facilement le design, de bien véhiculer l’information entre les différents membres et de donner une plateforme pratiquement complète dans la gestion de données géospatiales. Par contre, il faut rappeler que CartoDB devient rapidement complexe lorsque l’on veut pousser l’analyse avec nos propres données, mais pas inaccessible à l’apprentissage et qu’il devient un outil payant à partir d’une certaine taille d’informations.

 

 

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Soldats Inconnus : Mémoires de la Grande Guerre, de son titre anglais Valiant Hearts : The Great War, est au croisé de plusieurs philosophies de conception de jeu, mais s’inscrit aussi dans une tradition éducative. En effet, il est possible de situer ce jeu développé par la division de Montpellier des studios d’Ubisoft en 2014 dans la lignée des jeux sérieux. Soldats Inconnus : Mémoires de la Grande Guerre se présente aux premiers abords comme un jeu classique de casse-tête dans la veine des jeux d’aventures comme Monkey Island ou bien Siberia. Cependant, comme l’indique son nom, Soldat Inconnus ne se déroule pas dans un monde imaginaire, mais à plutôt comme trame de fond la Première Guerre mondiale. Bien que la thématique abordée par le jeu porte en soi une connotation historique, c’est par sa façon de l’apporter que Soldats Inconnus se distingue. En plus d’avoir comme objectif d’amuser et de divertir, le jeu comporte aussi dimension éducative visant à instruire sur la Première Guerre mondiale.

 

Dans le dernier opus d’Ubisoft, le joueur incarne 4 personnages qui sont happés par le conflit contre leur gré. Tout d’abord, on retrouve Karl, immigré allemand en France qui se voit expulser vers sa terre natale au début de la guerre laissant ainsi sa femme Marie et son fils dernière lui. Par la suite, le joueur se retrouve aux commandes d’Émile, un Français dans la quarantaine qui est aussi le père de Marie, lui-même enrôlé de force dans l’armée républicaine. Le joueur incarne ensuite Fredie, un américain engagé dans l’armée française quête de vengeance contre un baron allemand qui aurait détruit sa vie sentimentale. Finalement, le dernier personnage qui nous est présenté est Anna, une vétérinaire belge étudiant à Paris qui se voit contrainte par la guerre de devenir une infirmière de terrain. Ces quatre personnages sont contrôlés en alternance par le joueur qui doit les faire traverser une série d’épreuves qui prennent la forme de casse-tête logique. Par exemple, le joueur doit activer une machine à l’aide d’un levier, mais ce dernier est détaché et se retrouve en possession d’un officier qui désire que vous lui apportiez un obus pour tirer sur la tranchée ennemie, le tout ayant pour but de sauver un frère d’armes. Ces différentes épreuves ont toutes comme trame de fond des événements importants de la guerre. Émile commence par sa conscription et son camp d’entrainement ou un officier bourru l’injure. On voit par la suite Freddie lors d’un assaut en Alsace-Lorraine, puis Anna conduisant un taxi transportant des troupes vers la Marne, Émile à la Somme, Karl à Verdun et ainsi de suite. Le style de jeu un peu lent que l’on observe souvent dans ce type d’oeuvre permet aux joueurs d’explorer le monde qu’on lui présente sans trop se presser. En plus de pouvoir apprécier l’esthétisme particulier instauré par l’équipe artistique du projet, ce rythme permet aussi au joueur d’assimiler les horreurs de la guerre qui lui sont dépeintes en arrière-plan.

 

Tout ceci fait du jeu Soldats Inconnus : Mémoires de la Grande Guerre un jeu particulièrement intéressant se déroulant en pleine Première Guerre mondiale, mais ne le qualifie pas vraiment dans la catégorie des jeux sérieux. En effet, Soldats Inconnues n’as pas comme but principal la formation d’un individu à accomplir une tâche particulière ou ne désire pas inculquer une habilité spécifique à son utilisateur.  Par contre, le jeu s’inscrit dans une définition plus large de jeu sérieux par sa dimension éducative. En effet, l’oeuvre d’Ubisoft tente de sensibiliser ses joueurs aux atrocités de la Grande Guerre en laissant vivre ses horreurs à l’utilisateur par l’entremise des personnages. De plus, le jeu à été conçu en partenariat avec l’équipe de la série de vulgarisation historique sur la Première Guerre mondiale Apocalypse. Ces liens sont présentés avant et pendant chaque segment du jeu pour expliquer les conditions réelles de la guerre et les raisons qui ont mené à celle-ci. De plus, il est possible de trouver des objets typiques de l’époque au cours du jeu. À la découverte de chacun de ses objets cachés, le joueur est confronté à une photo de l’objet dans son contexte et une description de son importance historique. Le jeu à donc comme but d’éduquer, mais aussi de sensibilisé sur des réalités qui lui sont très éloignées et qu’il ne vivra probablement jamais. Dans ce sens, Soldats Inconnus : Mémoires de la Grande Guerre peut être considérée comme un jeu sérieux.  Il permet donc au joueur de s’éduquer sur la Première Guerre mondiale tant par l’entremise des actions qu’il doit accomplir à travers les personnages, mais aussi à la fréquentation des archives et artéfacts qu’il découvre au cours de son séjour.

 

On peut donc considéré Soldats Inconnus : Mémoires de la Grande Guerre comme étant un très bon outil de vulgarisation sur la Première Guerre mondiale au même titre qu’un documentaire. De plus, l’aspect interactif permet au joueur d’apprendre tout en s’impliquant de façon plus concrète qu’une production télévisuelle lui aurait permis. Par contre, comme toute production qu’elle soit télévisuelle ou écrite comme un livre, Soldats Inconnus est aussi orienté et biaisé. En effet, le fait que sa production ait eu lieu en France déteint quelque peu sur le jeu. Tous les personnages ont un lien relativement fort avec la France et on ne joue jamais personne du camp des empires centraux opposé à la France. De plus, le «grand méchant» est un baron allemand qui est en fait une caricature stéréotyper de ce que les poilus auraient pu désigner comme un Boche. Un dernier aspect qui est plus ou moins négatif du jeu est qu’il se classe dans ce que l’on pourrait appeler comme de l’histoire mémoire. Par contre, cette critique n’est pas spécifique à ce jeu, mais à beaucoup d’outils de vulgarisation. Tout de même, le penchant vers l’histoire mémoire n’est pas si présent et ne retire donc pas la valeur pédagogique de l’oeuvre. En somme, il s’agit d’un bon outil de vulgarisation qui peut être très efficace pour plusieurs types de public non universitaire et aussi pour un public universitaire qui ne serait pas expert en la matière. Notre équipe qui a travaillé sur la critique du jeu possède des bases assez solides sur la Première Guerre mondiale et à quand même beaucoup appris au cours de son expérience. C’est donc pour ses raisons que nous croyons que Soldats Inconnus : Mémoires de la Grande Guerre mérite d’être considéré pour ses vertus pédagogiques.

 

Cédrik Lampron

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La principale difficulté dans l’étude du parcours de Vincent van Gogh est le quasi-silence des médias de son époque à son sujet. Ce constat peut paraitre difficile à croire de nos jours puisque la renommée de l’artiste n’est plus à prouver, mais ce serait oublier que celui-ci n’a même jamais vendu une de ses toiles de son vivant. Devant ce vide « public », que reste-t-il aux historiens d’art, presque deux-cent ans après sa mort, pour analyser sa vie, sa posture ou son parcours?

 

Le site « Vincent van Gogh, The Letters », créé en collaboration avec le Van Gogh Museum et le Huygens Institute of the Royal Netherlands Academy of Arts and Sciences, tente de combler ce manque par la numérisation des discours privés de l’artiste dans ses correspondances. Au total, 902 lettres et 25 manuscrits sont maintenant accessibles en ligne à l’usage de tous. Il s’agit pour la plupart de lettres de l’artiste (736/902). Mais l’expérience ne s’arrête pas là : ce site regorge de ressources visant à faciliter, bonifier ou orienter le travail des chercheurs. Classés par blocs en haut de l’écran principal, les différents outils sont regroupés selon trois thématiques principales : les blocs gris et jaune sont dédiés à la recherche; le vert : au volet historique (tant de l’artistes et ses compères que de la publication de ses lettre); le gris : à des outils ou renseignements divers (à propos, chronologie, bibliographie, etc.). Chaque lettre manuscrite est de plus accompagnée de sa transcription dans la langue d’origine (néerlandais ou français), de sa traduction en anglais, de numérotation de lignes, de notes éditoriales et de croquis (si la lettre en contient). La langue anglaise fut sélectionnée dans l’optique principale d’une consultation internationale. Bref, vous l’aurez compris compte tenu de l’immense variété d’outils disponibles, cette édition numérique des lettres de Vincent van Gogh s’adresse d’abord et avant tout aux historiens d’art et de littérature désireux d’y appliquer étude textuelle ou contextuelle.

 

Toutes ces dernières étapes, jumelées à toute la recherche entourant les lettres, les personnages, le contexte et j’en passe, témoignent de l’énormité du projet en général. Au total, quinze années auront été nécessaires à sa conception et à sa production. Impressionnant, n’est-ce pas? Évidemment, mais je considère néanmoins qu’une plus judicieuse ou peut-être même plus simple organisation eût été préférable à une consultation optimale. D’abord, la disposition de toutes les colonnes de textes descriptifs me semble trop étroite, ce qui accentue chaque fois la sensation que tout est long, très long. Un texte davantage justifié et proportionné pourrait par exemple alléger la lecture. Ensuite, je me questionne sur la logique de présentation des différents outils. Dire qu’il y en a plusieurs serait un euphémisme, vous le constaterez d’un coup d’œil. Tous ces outils peuvent être intéressants dépendamment des besoins d’un chercheur, mais à mon sens, l’organisation ci-présente ne facilite pas toujours le travail de l’utilisateur. Les trois premiers « blocs » me semblent clairs et pertinents, mais le dernier donne l’impression d’avoir emmagasiné tout ce que les autres ne pouvaient contenir. En plus d’être situé le plus à droite de l’écran (donc normalement moindre en ordre d’importance), il contient en effet plusieurs types d’informations complémentaires ajoutées les unes à la suite des autres sans ordre ou organisation. Je comprends que le projet représente un travail titanesque, mais l’organisation devrait être davantage orientée en fonction de l’objectif initial : simplifier le travail de futurs chercheurs.

Josianne Dubé

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Hypothèses fait partie de OpenEdition, qui est un portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales. OpenEdition regroupe des outils tels que revues.orgcalenda et hypotheses.org. Pour dresser un portrait très rapide de ces outils, revues.org est une plateforme de revues et collections de livres en sciences humaines et sociales, ouverte aux collections désireuses de publier en ligne du texte intégral. Quant à calenda, il s’agit d’un calendrier en lettres et sciences humaines et sociales en ligne. En accès libre, il offre aux étudiants, enseignants, et aux chercheurs des actualités en ce qui concerne l’actualité de la recherche (présentations, colloques, etc.).

 

Quant à hypotheses.org, il s’agit d’une plateforme de publication de carnets de recherche en sciences humaines et sociales. Les carnets de recherche correspondent en quelque sorte à des journaux de bord permettant de rendre régulièrement compte de l’avancement des recherches. Cette plateforme de carnets de recherche est ouverte à l’ensemble de la communauté académique dans toutes les disciplines des sciences humaines et sociales. . Si vous voulez publier un carnet de terrain,  une chronique scientifique sur un thème précis, un carnet de bord d’une recherche collective en cours, un carnet de fouilles archéologiques, un carnet de veille, un blogue de revues ou de livres, une newsletter scientifique, ou tout autre type de carnet de recherche, vous pouvez demander l’ouverture de votre carnet sur la plateforme. Le service est gratuit et il suffit de remplir le formulaire d’inscription en ligne pour s’inscrire.

 

De nombreux types de carnets existent, en fonction du style de journal de bord que le chercheur souhaite mettre en place. Ainsi, il existe non seulement les types de carnets de recherche qui ont été précédemment mentionnés, mais aussi des journaux de bord de maîtrise ou de doctorat. Les étudiants peuvent ainsi publier des billets à propos de l’avancement de leurs travaux. Ces billets, qu’il est possible de publier sur Hypotheses correspondent à des billets de blogue, généralement assez courts. Il s’agit d’un blogue en tant que tel, mais qui est essentiellement consacré à décrire l’avancement de travaux de recherche.

 

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Nov/13

25

Criminal Intent : un outil pour le « OWH »

Criminal Intent est un projet du Roy Rosenzweig Centre for History and New Media (CHNM), de Old Bailey Online et de TAPoR (regroupement des différents outils d’analyse de texte disponibles) avec le soutient financier de Digging into Data. Il s’agit d’un projet collaboratif entre trois équipes de trois pays différents :

–          La Grande-Bretagne (pour Old Bailey online),
–          Les États-Unis (pour le logiciel de gestion bibliographique : Zotero)
–          Le Canada (pour le portail d’analyse de texte : Voyant Tools)

 

L’objectif commun est de créer un environnement de recherche lié ou il serait possible de faire plusieurs actions facilement, et ce, conjointement ; il serait possible d’interroger le site de Old Bailey Online, d’enregistrer les résultats directement dans un logiciel de gestion bibliographique (Zotero est le logiciel choisi par l’équipe de Criminal Intent). Les éléments consignés dans Zotero pourraient finalement être envoyés au portail d’analyse de texte Voyant tools (qui est le portail utilisé dans le cadre de ce projet).  Pour ce faire, l’équipe en charge du projet a mis sur pied un plugiciel qu’il est possible d’installer sur son ordinateur dans le but de relier Zotero à Voyant tools. Évidement, l’utilisateur doit d’abord avoir installé Zotero, sans quoi le plugiciel Criminal Intent ne pourra fonctionner.

 

Le projet réunit donc trois ressources en ligne : Old Bailey online, Zotero et TAPoR grâce à un plugiciel. Il permet de développer des modèles de comparaison, de visualiser et d’analyser l’histoire du crime en utilisant Old Bailey online qui contient plus de 197 000 procès et détails biographiques de criminels détenus sur une période de 240 ans en Grande-Bretagne.

 

Ce projet cherche à créer un lien numérique transparent entre différents environnements de recherche pour travailler avec les actes de Old Bailey Online. Plus généralement, Criminal Intent explore les outils et les infrastructures numérique afin de les rendre possible d’utilisation pour «the Ordinary Working Historian» (OWH), qui n’utilise pas actuellement ces techniques, et de les intégrer dans son travail plus facilement, et ce, au jour le jour.

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Le Château de Versailles, étant une institution muséale française importante, produit une grande quantité d’expositions virtuelles. Je m’intéresserai dans ce court article au contenant ou, ce que l’on pourrait nommer, l’aspect muséologique. Puisque l’institution utilise plusieurs formats pour présenter des collections, j’ai axé ma réflexion sur 3 mises en expositions différentes : Sciences et curiosités à la cours de Versailles, Louis XIV : La construction d’une image politique et Versailles et l’antique.

D’emblée, l’apport pour les historiens est assez minime. La documentation présente une vue globale du sujet sans entrer en profondeur dans celui-ci. On peut trouver, par contre, des numérisations de haute qualité. Toutefois, la mise en espace (virtuelle) est intéressante à analyser puisque les moyens utilisés sont très variés. Un muséologue ou un muséographe aura un terrain de réflexion fertile sur le site du Château de Versailles.

Sciences et curiosités à la cours de Versailles est l’exposition que je considère la plus classique. En effet, on retrouve un plan du château qui nous permet d’explorer différentes salles associées à des thèmes précis de cette exposition. Une fois sur la page du thème on retrouve un article conventionnel relatant les faits associés à certains artéfacts qui ont été photographiés et qui nous sont présentés sur la même page. Pour alléger la lecture certains passages sont sous forme de capsules vidéos. Louis XIV : La construction d’une image politique est une exposition en partenariat avec la Cultural Institute de Google. Ayant accès à des ingénieurs spécialisés dans la mise en ligne d’objets du patrimoine, le rendu visuel est vraiment impeccable. Toutefois, la disposition (idée d’un grand mur que l’on parcourt de gauche à droite) est très linéaire. Le dynamisme que permet le numérique n’est pas présent. De plus, le contenu est très limité. Finalement, Versailles et l’antique, est une exposition immersive fort intéressante. Nous pouvons visiter, grâce à un plan, l’ensemble des salles de cette exposition qui se déroule actuellement au château. On se trouve donc à un point fixe et on peut tourner la tête pour observer les différentes œuvres d’art. Toutefois, le point fixe empêche le visiteur d’observer un élément sous l’angle qu’il voudrait. Il est limité à un angle qui n’est pas toujours judicieux. Parfois, l’œuvre est très loin et on ne peut pas en apprécier le détail. Certaines œuvres sont cliquables, mais ce n’est pas une majorité. Il y a donc une pré-sélection qui empêche le visiteur d’approfondir l’œuvre qu’il souhaite. Ce type de médiation culturelle semble être mise en place pour inciter le visiteur à se rendre directement sur les lieux pour admirer les œuvres.

Avec plusieurs mises en exposition avec leurs forces et leurs faiblesses, le Château de Versailles a le mérite d’oser innover dans les moyens technologiques de valorisation de leur patrimoine.

Liens vers les expositions :

http://sciences.chateauversailles.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=93&Itemid=95&lang=fr

http://www.google.com/culturalinstitute/exhibit/louis-xiv/AR9JhTFH?hl=fr

http://www.chateauversailles.fr/resources/360/antique/fr/index.html

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Nov/13

12

Hypercities: hyperréalisme urbain

La cartographie urbaine est un domaine de recherche très riche, mais la piètre qualité des cartes anciennes et la difficulté de rapporter ces informations à la réalité géographique connue rendent leur emploi difficile. Du moins, jusqu’à ce qu’un instrument comme Hypercities apparaisse.

Qu’est-ce que c’est?

Hypercities (http://hypercities.ats.ucla.edu/) est une plate-forme web qui superpose des cartes anciennes sur un outil informatique de cartes modernes et d’imagerie satellitaire.

Développé conjointement (http://hypercities.com) par des équipes de UCLA, USC et CUNY, cet outil permet de comparer, évaluer et analyser des cartes multiples dans un contexte rigoureusement géoréférencé.

Comment on l’utilise?

Hypercities se manipule comme Google Earth ou un système équivalent, en latitude, longitude, altitude et azimut. Cependant, les lieux accessibles dans la plate-forme se limitent (pour l’instant) à quelques villes importantes, comme New York, Los Angeles, Paris, Rome, Londres, Berlin, Seoul, Tokyo ou Shanghai. Quelques projets spécifiques concernent de plus petites villes, comme Edmonton, Port-au-Prince, El Paso, Ollantaytambo ou Magnésia.

Lorsqu’une ville est sélectionnée, une liste de cartes anciennes devient disponible. Ces cartes peuvent être superposées (avec un contrôle de transparence) sur le globe moderne. De plus, des options d’affichage des routes, des frontières et du relief sont présentes. Le plus remarquable est la présence pour certaines villes d’une option bâtiments 3D qui ajoutent sur la surface les formes approximatives des immeubles réels tel que modélisés par l’équipe en charge d’une ville. Ainsi, l’Empire State Building est reconnaissable à New York.

Outre le mode de recherche par ville, il y a un mode de recherche par collection, où des chercheurs ajoutants des cartes spécifiques par thème ou sujet de recherche dans un espace désigné, comme l’étude approfondie de la ville d’Ollantaytambo au Pérou.

 

Qu’est-ce que ça procure à l’historien?

Hypercities constitue un moyen de diffusion très intéressant grâce à la simplicité de l’interface et l’accessibilité de la plate-forme. La capacité de démonstration visuelle est très efficace. La possibilité de superposer plusieurs cartes dans un cadre géographique exact est extrêmement fructueuse.

Cependant, l’outil ne concerne encore qu’une petite liste de villes, très inégalement décortiquées. Si New York, Los Angeles, sont très riches en informations et cartes, d’autres sont peu étudiées (Téhéran) ou même absentes (Beijing, Chicago, Toronto…). Il reste donc énormément d’espace à couvrir et à remplir.

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