L'informatique appliquée à l'histoire | La quête du futur en histoire

Archive for novembre 2013

Nov/13

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Criminal Intent : un outil pour le « OWH »

Criminal Intent est un projet du Roy Rosenzweig Centre for History and New Media (CHNM), de Old Bailey Online et de TAPoR (regroupement des différents outils d’analyse de texte disponibles) avec le soutient financier de Digging into Data. Il s’agit d’un projet collaboratif entre trois équipes de trois pays différents :

–          La Grande-Bretagne (pour Old Bailey online),
–          Les États-Unis (pour le logiciel de gestion bibliographique : Zotero)
–          Le Canada (pour le portail d’analyse de texte : Voyant Tools)

 

L’objectif commun est de créer un environnement de recherche lié ou il serait possible de faire plusieurs actions facilement, et ce, conjointement ; il serait possible d’interroger le site de Old Bailey Online, d’enregistrer les résultats directement dans un logiciel de gestion bibliographique (Zotero est le logiciel choisi par l’équipe de Criminal Intent). Les éléments consignés dans Zotero pourraient finalement être envoyés au portail d’analyse de texte Voyant tools (qui est le portail utilisé dans le cadre de ce projet).  Pour ce faire, l’équipe en charge du projet a mis sur pied un plugiciel qu’il est possible d’installer sur son ordinateur dans le but de relier Zotero à Voyant tools. Évidement, l’utilisateur doit d’abord avoir installé Zotero, sans quoi le plugiciel Criminal Intent ne pourra fonctionner.

 

Le projet réunit donc trois ressources en ligne : Old Bailey online, Zotero et TAPoR grâce à un plugiciel. Il permet de développer des modèles de comparaison, de visualiser et d’analyser l’histoire du crime en utilisant Old Bailey online qui contient plus de 197 000 procès et détails biographiques de criminels détenus sur une période de 240 ans en Grande-Bretagne.

 

Ce projet cherche à créer un lien numérique transparent entre différents environnements de recherche pour travailler avec les actes de Old Bailey Online. Plus généralement, Criminal Intent explore les outils et les infrastructures numérique afin de les rendre possible d’utilisation pour «the Ordinary Working Historian» (OWH), qui n’utilise pas actuellement ces techniques, et de les intégrer dans son travail plus facilement, et ce, au jour le jour.

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Le Château de Versailles, étant une institution muséale française importante, produit une grande quantité d’expositions virtuelles. Je m’intéresserai dans ce court article au contenant ou, ce que l’on pourrait nommer, l’aspect muséologique. Puisque l’institution utilise plusieurs formats pour présenter des collections, j’ai axé ma réflexion sur 3 mises en expositions différentes : Sciences et curiosités à la cours de Versailles, Louis XIV : La construction d’une image politique et Versailles et l’antique.

D’emblée, l’apport pour les historiens est assez minime. La documentation présente une vue globale du sujet sans entrer en profondeur dans celui-ci. On peut trouver, par contre, des numérisations de haute qualité. Toutefois, la mise en espace (virtuelle) est intéressante à analyser puisque les moyens utilisés sont très variés. Un muséologue ou un muséographe aura un terrain de réflexion fertile sur le site du Château de Versailles.

Sciences et curiosités à la cours de Versailles est l’exposition que je considère la plus classique. En effet, on retrouve un plan du château qui nous permet d’explorer différentes salles associées à des thèmes précis de cette exposition. Une fois sur la page du thème on retrouve un article conventionnel relatant les faits associés à certains artéfacts qui ont été photographiés et qui nous sont présentés sur la même page. Pour alléger la lecture certains passages sont sous forme de capsules vidéos. Louis XIV : La construction d’une image politique est une exposition en partenariat avec la Cultural Institute de Google. Ayant accès à des ingénieurs spécialisés dans la mise en ligne d’objets du patrimoine, le rendu visuel est vraiment impeccable. Toutefois, la disposition (idée d’un grand mur que l’on parcourt de gauche à droite) est très linéaire. Le dynamisme que permet le numérique n’est pas présent. De plus, le contenu est très limité. Finalement, Versailles et l’antique, est une exposition immersive fort intéressante. Nous pouvons visiter, grâce à un plan, l’ensemble des salles de cette exposition qui se déroule actuellement au château. On se trouve donc à un point fixe et on peut tourner la tête pour observer les différentes œuvres d’art. Toutefois, le point fixe empêche le visiteur d’observer un élément sous l’angle qu’il voudrait. Il est limité à un angle qui n’est pas toujours judicieux. Parfois, l’œuvre est très loin et on ne peut pas en apprécier le détail. Certaines œuvres sont cliquables, mais ce n’est pas une majorité. Il y a donc une pré-sélection qui empêche le visiteur d’approfondir l’œuvre qu’il souhaite. Ce type de médiation culturelle semble être mise en place pour inciter le visiteur à se rendre directement sur les lieux pour admirer les œuvres.

Avec plusieurs mises en exposition avec leurs forces et leurs faiblesses, le Château de Versailles a le mérite d’oser innover dans les moyens technologiques de valorisation de leur patrimoine.

Liens vers les expositions :

http://sciences.chateauversailles.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=93&Itemid=95&lang=fr

http://www.google.com/culturalinstitute/exhibit/louis-xiv/AR9JhTFH?hl=fr

http://www.chateauversailles.fr/resources/360/antique/fr/index.html

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Nov/13

12

Hypercities: hyperréalisme urbain

La cartographie urbaine est un domaine de recherche très riche, mais la piètre qualité des cartes anciennes et la difficulté de rapporter ces informations à la réalité géographique connue rendent leur emploi difficile. Du moins, jusqu’à ce qu’un instrument comme Hypercities apparaisse.

Qu’est-ce que c’est?

Hypercities (http://hypercities.ats.ucla.edu/) est une plate-forme web qui superpose des cartes anciennes sur un outil informatique de cartes modernes et d’imagerie satellitaire.

Développé conjointement (http://hypercities.com) par des équipes de UCLA, USC et CUNY, cet outil permet de comparer, évaluer et analyser des cartes multiples dans un contexte rigoureusement géoréférencé.

Comment on l’utilise?

Hypercities se manipule comme Google Earth ou un système équivalent, en latitude, longitude, altitude et azimut. Cependant, les lieux accessibles dans la plate-forme se limitent (pour l’instant) à quelques villes importantes, comme New York, Los Angeles, Paris, Rome, Londres, Berlin, Seoul, Tokyo ou Shanghai. Quelques projets spécifiques concernent de plus petites villes, comme Edmonton, Port-au-Prince, El Paso, Ollantaytambo ou Magnésia.

Lorsqu’une ville est sélectionnée, une liste de cartes anciennes devient disponible. Ces cartes peuvent être superposées (avec un contrôle de transparence) sur le globe moderne. De plus, des options d’affichage des routes, des frontières et du relief sont présentes. Le plus remarquable est la présence pour certaines villes d’une option bâtiments 3D qui ajoutent sur la surface les formes approximatives des immeubles réels tel que modélisés par l’équipe en charge d’une ville. Ainsi, l’Empire State Building est reconnaissable à New York.

Outre le mode de recherche par ville, il y a un mode de recherche par collection, où des chercheurs ajoutants des cartes spécifiques par thème ou sujet de recherche dans un espace désigné, comme l’étude approfondie de la ville d’Ollantaytambo au Pérou.

 

Qu’est-ce que ça procure à l’historien?

Hypercities constitue un moyen de diffusion très intéressant grâce à la simplicité de l’interface et l’accessibilité de la plate-forme. La capacité de démonstration visuelle est très efficace. La possibilité de superposer plusieurs cartes dans un cadre géographique exact est extrêmement fructueuse.

Cependant, l’outil ne concerne encore qu’une petite liste de villes, très inégalement décortiquées. Si New York, Los Angeles, sont très riches en informations et cartes, d’autres sont peu étudiées (Téhéran) ou même absentes (Beijing, Chicago, Toronto…). Il reste donc énormément d’espace à couvrir et à remplir.

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Nov/13

5

PressFoward: vers un accès plus facile à la littérature grise

PressFoward est un projet du Roy Rosenzweig Center for History and New Media, qui a pour objectif de faciliter l’identification et l’utilisation de la littérature grise.

La littérature grise, qu’on nomme parfois littérature souterraine ou non conventionnelle, consiste en tout ce qui est produit en format papier ou numérique à l’intention d’un public restreint, en dehors des circuits commerciaux de l’édition et de la diffusion. Les rapports d’études ou de recherches, actes de congrès, thèses, données, projets numériques, etc. en font partie. Par définition, la littérature grise est difficile à identifier et atteindre. Pour régler ce problème, PressFoward a une stratégie en plusieurs volets.

  • Ils font de la recherche sur la diffusion en ligne de la littérature grise et ont publié plusieurs rapports à ce sujet.
  • Ils ont développé un plug-in pour la plateforme WordPress, qui facilite l’ajout et le partage de contenu de plusieurs sources. Le plug-in fournit un lecteur RSS dans le tableau de bord WordPress et un outil de rédaction collaborative qui permet de donner des niveaux d’accès aux utilisateurs et de commenter le contenu. Il y a aussi une interface afin que les éditeurs puissent critiquer et commenter les propositions des utilisateurs.
  • Ils ont des publications expérimentales qui leur permettent de tester leurs méthodes. Ces publications sont assez différentes les unes des autres. Parmi celles-ci, The Journal of Digital Humanities se présente comme une revue traditionnelle, avec des articles complets, mais en ligne. Global Perspectives on Digital History se présente plutôt comme un blogue dans lequel on trouve des liens vers d’autres plateformes de diffusion. Dans le cas d’American History Now, on peut soumettre des comptes-rendus, des articles ou des réflexions qui ne conviennent pas à des publications traditionnelles. Les publications sont révisées en temps réel par ceux qui fréquentent le site, et les meilleures peuvent être désignées comme les choix de l’éditeur. On peut aussi devenir blogueur sur cette plateforme. Leur équipe offre par ailleurs du soutien aux éditeurs potentiels qui voudraient développer une publication en ligne.

Les historiens intéressés à diffuser des travaux qui ne répondent pas aux standards traditionnels peuvent trouver dans les publications de PressFoward un moyen de rendre accessibles leurs résultats de recherche ou leurs idées. Les délais de publication sont beaucoup plus courts et il existe une certaine forme de révision par les pairs qui garantit la qualité du contenu.

Ceux qui voudraient lancer leur propre plateforme de diffusion peuvent bénéficier de l’expérience et du soutien de PressFoward pour leur projet. Il suffit de remplir un formulaire pour identifier la manière dont on souhaite acquérir et réviser le contenu, des sites qui pourraient servir de modèles, etc.

Je n’ai pas été en mesure de tester le plug-in sur une plateforme WordPress, puisque je n’ai pas accès à cette plateforme pour le moment. Cependant, ceux qui désirent le faire peuvent le télécharger gratuitement sur GitHub et obtenir du soutien en ligne.

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