L'informatique appliquée à l'histoire | La quête du futur en histoire

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Hypothèses fait partie de OpenEdition, qui est un portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales. OpenEdition regroupe des outils tels que revues.orgcalenda et hypotheses.org. Pour dresser un portrait très rapide de ces outils, revues.org est une plateforme de revues et collections de livres en sciences humaines et sociales, ouverte aux collections désireuses de publier en ligne du texte intégral. Quant à calenda, il s’agit d’un calendrier en lettres et sciences humaines et sociales en ligne. En accès libre, il offre aux étudiants, enseignants, et aux chercheurs des actualités en ce qui concerne l’actualité de la recherche (présentations, colloques, etc.).

 

Quant à hypotheses.org, il s’agit d’une plateforme de publication de carnets de recherche en sciences humaines et sociales. Les carnets de recherche correspondent en quelque sorte à des journaux de bord permettant de rendre régulièrement compte de l’avancement des recherches. Cette plateforme de carnets de recherche est ouverte à l’ensemble de la communauté académique dans toutes les disciplines des sciences humaines et sociales. . Si vous voulez publier un carnet de terrain,  une chronique scientifique sur un thème précis, un carnet de bord d’une recherche collective en cours, un carnet de fouilles archéologiques, un carnet de veille, un blogue de revues ou de livres, une newsletter scientifique, ou tout autre type de carnet de recherche, vous pouvez demander l’ouverture de votre carnet sur la plateforme. Le service est gratuit et il suffit de remplir le formulaire d’inscription en ligne pour s’inscrire.

 

De nombreux types de carnets existent, en fonction du style de journal de bord que le chercheur souhaite mettre en place. Ainsi, il existe non seulement les types de carnets de recherche qui ont été précédemment mentionnés, mais aussi des journaux de bord de maîtrise ou de doctorat. Les étudiants peuvent ainsi publier des billets à propos de l’avancement de leurs travaux. Ces billets, qu’il est possible de publier sur Hypotheses correspondent à des billets de blogue, généralement assez courts. Il s’agit d’un blogue en tant que tel, mais qui est essentiellement consacré à décrire l’avancement de travaux de recherche.

 

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Askom est une compagnie française qui a démarré en 2007 qui se spécialise dans la création d’agents virtuels. Il s’agit en fait d’un programme qui permet de naviguer au sein d’un site web en posant des questions à un avatar qui prend très souvent une forme humaine. Askom propose des forfaits mensuels variés permettant de créer un personnage pouvant répondre à un nombre X de questions. Lorsqu’un utilisateur pose une question à l’agent virtuel celui-ci analyse les mots constitutifs de celle-ci et tente de donner la meilleure réponse que sa banque possède à ce sujet. Souvent la réponse dirigera l’utilisateur vers le lien du site web qui lui permettra de trouver ce qu’il cherche. L’avatar s’améliore, normalement, à chaque question puisque l’utilisateur est invité à signaler si la réponse était pertinente ou non. Ainsi, il apprend de ses erreurs et ce type de travail se rapproche de l’intelligence artificielle.

Le lien avec les historiens n’est pas d’emblée énoncé. Toutefois, mon projet de maîtrise tentera de démontrer la pertinence d’un tel outil au sein d’une plate-forme web utilisant une base de données archivistique et culturelle. Étant donné les imposantes collections que l’on retrouve sur ce type d’interface, je crois sincèrement qu’un outil qui pourrait identifier les bons fonds et faire des regroupements selon des mots sélectionnés permettrait de faciliter la recherche tout en révélant de nouvelles associations.

Plusieurs compagnies et organismes ont fait appel aux services d’Askom pour intégrer un agent virtuel à leur site Internet. C’est le cas du gouvernement français pour son site recrutement pour l’armée de terre avec l’ajout du caporal Dupont. Mon premier commentaire serait de signaler les limites de ce type d’interaction. Si on pose une question qui sort des paramètres de l’avatar, il indique de manière très machinal son incompréhension. De plus, le caporal est le premier agent virtuel « protéiforme » d’Askom, ce qui veut dire qu’il possède quatre représentations physiques qui apparaissent de manière aléatoire. Toutefois, ce type de changement cause des problèmes de genre (masculin/féminin) avec le texte que l’on peut lire. Un autre problème est qu’on peut poser deux questions différentes et obtenir la même réponse puisque le programme repère la même suite de mots qui lui dicte de donner le même énoncé. Donc, il est difficile d’aller chercher un détail mal compris. Cet inconvénient sera inévitablement une problématique pour l’histoire qui s’intéresse souvent aux pièces et à leurs détails.

Bref,  je suis convaincu du potentiel de ce type d’outil, mais il faut continuer de peaufiner le produit d’Askom pour arriver à un outil utile aux sciences historiques.

Site officiel d’Askom: http://www.askom.fr/index

Pour questionner le caporal Dupont: http://www.recrutement.terre.defense.gouv.fr/

1759 ! L’exposition virtuelle/jeu sérieux du Musée Virtuel du Canada vise à  faire « un retour sur les étapes cruciales de la bataille des plaines d’Abraham : contexte, préparatifs, siège de Québec et affrontement.[1] ». Oublier le 400ème anniversaire de Québec en 2009, alors que la reconstitution de la bataille de la plaine d’Abraham crée un scandale[2]. Tout est beaucoup plus facile à accepter quand on le met sur support informatique. D’ailleurs, il n’est pas question d’attendre le 250ème anniversaire de la bataille. Le jeu est publié dès  2005 par la Commission des champs de bataille nationaux en grande coopération avec Le MVC lors du, très important, 246ème anniversaire de la bataille. Retour sur ce jeu « phare » et son contenu.

Le jeu consiste à prendre la place d’un Amérindien, d’un Britannique, d’un Français ou encore d’un Canadien afin d’explorer les différents enjeux de la Guerre de Sept Ans. Lors de la sélection d’un personnage l’on doit passer au travers des 4 modules qu’ils composent. Ceux-ci sont composés de sous-modules cliquables qui affichent différentes informations  ou encore mène à un mini-jeu. Simple comme bonjour direz-vous?! En fait, il y a toujours un module qui est difficile à trouver et le jeu devient rapidement frustrant. Pour les moins patients d’entre nous, il est important de savoir que l’on peut sauter toutes les activités (questionnaire, associations, vrai ou faux …) et passer aux modules suivants. Cependant, il est impératif de trouver toutes les sections cliquables. De quoi décourager les moins patients d’entre nous… Pour ceux qui auront passé à travers toutes les étapes, vous aurez la satisfaction d’écouter une vidéo de 7 minutes sur la bataille de la plaine d’Abraham.

Qui utilise cette exposition numérique encore aujourd’hui pour se remémorer cette glorieuse bataille ou encore pour l’utiliser à des fins pédagogiques ? Pourtant, en 2005, l’initiative parait intéressante. Les outils utilisés sont à la fine pointe de la technologie pour l’époque. Le langage Flash permet un environnement dynamique. Plusieurs options dans l’exposition/jeu nous permettent  de bien naviguer. L’onglet « navigation » permet plusieurs options et rajoute un excellent complément. Cependant, plusieurs jeux et animations sont d’une qualité douteuse. De plus, cette formule ne nous permet jamais de nous sentir dans un jeu ou encore dans une exposition. On navigue entre deux eaux tout le long de l’expérience et il s’agit d’une des plus grandes faiblesses de l’exposition/jeu. De plus, des bogues de chargement bloquent la progression dans le jeu[3]. C’est la frustration ultime, car en 3 tentatives (2 heures d’essai), nous n’avons pas réussi à finir le jeu.

Jeu « phare » en effet, mais sûrement pas pour son succès. Cependant, nous pouvons questionner la place que prend le jeu dans un espace politique tourné de plus en plus vers une tentative de coercition canadienne. Ici, il n’est pas question de critiquer la véracité des sources : elles sont bien exposées,cités et il est évident qu’il a eu un grand travail de recherche derrière ce projet. Toutefois, leur représentation ainsi que l’utilisation qui en a été fait nous démontre clairement un penchant : celui de la tentative  d’une histoire canadienne unique au détriment de 4 histoires différentes qui s’enchevêtre. Dans cette optique de vue, 1759 ne représente qu’une des premières pierres du projet à laquelle on pourrait greffer un bon nombre de projets du gouvernement du Canada depuis 2005 (comme celui de 1812.gc.ca ou encore le changement de nom du musée canadien des civilisations). En ce sens, 1759 représente plus qu’un simple jeu sérieux édité dans un but éducatif. Il pose un réel questionnement : Celui de la construction d’une histoire nation et de l’analyse de ses composantes.

http://1759.ccbn-nbc.gc.ca/ : Lien vers le jeu … et amuser vous !

http://www.ccbn-nbc.gc.ca/_fr/1759.php : site de la Commission des champs de bataille nationaux

http://www.youtube.com/watch?v=Le0k5xg2FSg : Pour votre pur plaisir : une publicité du musée virtuel canadien à propos du jeu 1759 !


[1] http://www.ccbn-nbc.gc.ca/_fr/1759.php?section=5

[2] http://www.ledevoir.com/politique/canada/231157/des-commandites-aux-plaines-d-abraham

[3] Pour ceux qui voudraient absolument voir la scène finale : cliquer sur le dernier onglet de la page : 1759, plan du site. (Après 1 heure de recherche et sachant comment le jeu a tendance à « bugger », il n’était pas question que je vous prive de la satisfaction de voir la fin du jeu)

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L’industrie du monde du jeu vidéo prend son envol dans les années 1980 aux États-Unis et au Japon, donnant naissance à une communauté virtuelle. Le Japon prend rapidement les rênes de cette industrie et Nintendo est l’une des premières consoles de jeux à être exportée aux Etats-Unis. La popularité grandissante de cette console dit nécessairement contact avec la culture japonaise. Le volet culturel que possèdent les jeux vidéos américains et japonais est une dimension à prendre en compte lorsque l’on veut diffuser l’histoire. Comment cette culture américaine et japonaise réussit à transparaître dans les jeux vidéos ?

Il faut comprendre que le jeu vidéo japonais résulte d’une adaptation du Japon au monde occidental. Le Japon possède la faculté de s’inspirer des techniques américaines pour les remodeler à son image et créer quelque chose d’unique et qui se vend très bien tant au pays qu’à l’étranger, comme c’est le cas avec Mario Bross. Nintendo reste au sommet des ventes américaines, surpassant la console de jeu américaine Xbox 360. Par la vente de cette console de jeu, les Japonais s’adaptent à la culture américaine, mais implante une partie de la culture japonaise. Par exemple, l’industrie américaine du jeu vidéo crée majoritairement des jeux en mode solo, tandis que ceux japonais sont multijoueurs. Par ailleurs, les Japonais modifient le volet culturel pour créer des jeux vidéos s’adressant à une autre culture que la sienne. L’hybridité des cultures est donc au rendez-vous, car il s’agit d’une stratégie de marketing pour séduire les joueurs.

Chacun des pays créent des jeux vidéos qui représentent leurs cultures respectives. Pour ce faire, ils se basent sur leur propre histoire ou même l’histoire d’un autre pays pour créer un scénario, des personnages, des lieux qui interpellent le joueur. Par exemple, l’image du samouraï est utilisé autant dans les jeux vidéos américains que nippon. Les jeux vidéos diffusent des faits historiques pour la présenter aux joueurs. Selon la plateforme de jeu, les joueurs peuvent avoir le choix de modifier les attributs du personnage ou même le déroulement du jeu. La culture se voit transformée et être adaptée dans un monde divertissant. Le caractère divertissant du jeu vidéo contribue au joueur à s’imprégner d’une culture qui lui est parfois étrangère.

Bref, les jeux vidéos sont imprégnés de la culture de leur pays qui se base principalement sur des bribes d’histoires qui peuvent être modifiés lors de la création du jeu ou par le joueur. D’ailleurs, les concepteurs peuvent même adapter leur propre culture pour séduire un autre public que le sien. Le caractère ludique que possède le jeu vidéo est également à considérer en tant que joueur, car il est un facteur de modification de la culture.

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Comment savoir quelle thématique est à l’honneur dans les recherches Google ? Pour connaitre les tendances de recherche, entre 2004 et aujourd’hui, vous pouvez utiliser Google Trends. Grâce à cet outil d’observation des tendances de recherche, il est possible de visualiser, à la fois dans le temps et dans l’espace, la fréquence de recherche d’une thématique de votre choix.

Ainsi, nous pouvons par exemple savoir que dans le monde, le terme « seigneurie » est surtout recherché au Canada, que dans le Canada, c’est au Québec que la recherche porte le plus souvent sur ce terme. Et si on veut être encore plus précis, c’est à Beauport que la seigneurie est le plus recherchée dans Google. Nous pouvons également voir que c’est en décembre 2004, alors même qu’une journée d’étude sur le régime seigneurial à lieu à l’Université Laval (pour commémorer le 150e anniversaire de l’abolition du régime seigneurial au Québec) que le terme « seigneurie » est le moins recherché dans le monde sur Google.

Google Trends offre cependant beaucoup plus. En effet, on peut y trouver les tendances du moment dans la recherche Google, et ce, soit à l’échelle du monde ou pour un pays en particulier. De plus, pour chacune des tendances de recherche que l’on veut observer, il est possible de limiter la recherche selon divers critères. On peut effectivement chercher selon le type de recherche web, que ce soit une recherche d’image, dans l’actualité, de produit, ou simplement une recherche générale. Il est également possible de faire une recherche par pays, ou dans le monde. L’option dans le temps est aussi valide, le chercheur peut donc regarder les tendances de 2004 à aujourd’hui, ou des 30 derniers jours par exemple. On peut même voir l’évolution au fil du temps grâce à une vidéo, on voit donc, selon nos critères (de temps et d’espace), l’évolution de la tendance de la thématique voulue sur une carte géographique. Le site offre même l’option de faire des prévisions!

En plus de tout cela, il est possible de voir les termes associés à la tendance de recherche que nous voulons observer. Toujours selon notre exemple de « seigneurie », on remarque dans les termes associés des mots, ou groupe de mots, qui ne semble pas avoir de lien avec : on y retrouve « la commission scolaire seigneurie », « seigneurie gauthier » et même « peinture seigneurie ». Voilà qui peut montrer au chercheur que la thématique qu’il a choisie peut être incluse dans des recherches qu’il n’a pas soupçonnées.

Cet outil peut donc être très utile à toute personne qui s’intéresse aux différentes tendances de recherche. Dans le cas de certaines thématiques, comme notre exemple, il est également intéressant de voir les propensions de certaines régions ainsi que les nombreux termes associés, qui peuvent à la fois être surprenants en même temps d’ouvrir de nouvelles pistes de recherche.

Michel Morissette

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1830, la Révolution belge, 300, Carthage, autant d’événements et de noms historiques, autant de sources d’inspirations pour les générations futures, autant de… bandes dessinées ! C’est un client assez friand de ce genre de marchandises qui vous présente le site Bdthèque (http://www.bdtheque.com/themes.php), qui permet de trouver de véritables ouvrages et romans historiques illustrés.

En arrivant sur le site, vous êtes aussitôt placés devant divers titres de bd, mais les titres historiques se trouvent dans l’onglet  »Thèmes », où en le sélectionnant, vous avez accès à plus de 271 titres couvrant divers sujets allant de la préhistoire à nos jours. Il est possible de chercher des oeuvres en fonctions de périodes chronologiques précises ou de thèmes tels : -l’Égypte pharaonique, -Cathares ou -Colonialisme. Bien que le site couvre l’ensemble des genres de Bd, surtout d’origine européenne, il permet de trouver par ce moyens de communication, des éléments adaptés à tous les types de clients. Ce peut être de remarquables ouvrages illustrés, des représentations allégoriques d’événements historiques, voire, de simple moyens de distraction pour intéresser le commun des gens à l’histoire. Néanmoins, l’un des problèmes de ce site est qu’il ne classe pas les bandes dessinées historiques selon leur degré de réalisme. On peut trouver des bandes dessinées qui sont des livres d’histoire comme la série  »Napoléon » (http://www.bdtheque.com/main.php?bdid=8234), on côtoie des ouvrages qui sont un peu moins réalistes comme  »Les Oubliés de l’Empire » (http://www.bdtheque.com/main.php?bdid=8912) et des ouvrages pour enfants tels que  »Rataplan et l’ibis d’or » (http://www.bdtheque.com/main.php?bdid=6778). Le site lui-même dispose de nombreux moteurs de recherche et a été créé de façon à permettre une utilisation facile, sans devoir faire de grandes acrobaties pour trouver ce que l’on cherche. Les couleurs sont brunes et calmes, auxquelles s’ajoutent des images des bandes dessinées recherchées avec de rares publicités.

Bref, l’intérêt de ce site est qu’il permet de parler de la culture contemporaine, de représentations alternatives de l’histoire et de s’amuser.

Le but d’un tel site n’est évidemment pas de faire de la recherche historique et des données historiques brutes, mais il permet de trouver de remarquables illustrations et représentations du passé. De même, pour les chercheurs s’intéressant aux bandes dessinées elles-mêmes, il représente une collection très impressionnante d’interviews de dessinateurs et une bonne source de liens vers des sites spécialisés sur les bandes dessinées. De même, il offre un catalogue assez intéressant de bandes dessinées anciennes et nouvelles, permettant de faire des comparaisons et des analyses sur ces thèmes. Il permet également de montrer certains phénomènes historiques dans la culture populaire et d’analyser la façon dont ces phénomènes sont traités dans cette industrie.

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nov/12

23

Jouons aux esclaves!

Jouer aux esclaves? La phrase peut sembler étrange. C’est pourtant ce que la compagnie  Serious Games Interactive offre avec l’edulogiciel Slave Trade .  Ce jeu nous place dans la peau d’un enfant esclave qui évolue dans l’environnement du commerce triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et les Caraïbes.

Le jeu est bien fait. On éprouve même un certain intérêt à jouer, c’est l’fun comme dirait mon neveu, y’a des bonhommes! Je trouve en fait peu de défaut au produit. Cependant, si j’ai la capacité de faire la part des choses, qu’en est-il du jugement d’un enfant de 7 ans à qui ce produit est destiné?

Imaginons un enfant et son ami en classe, disons un enfant noir. Comment ces deux enfants vont-ils interagir suite à l’usage de ce jeu? Je  pense qu’il y a un certain risque de dérive. Il est possible qu’avec un bon encadrement, ce jeu permet de sensibiliser; les enfants sont capables d’ouverture, ils peuvent être très mesquins aussi.

Slave Trade soulève nombre de questions éthiques. Peut-on avoir du plaisir à apprendre avec un objet aussi délicat que la traite des esclaves? Comment peut-on garder l’intérêt d’un enfant? Avec des tâches plaisantes comme un Tétris géant dans un négrier? J’ai des doutes.

Pouvons-nous aborder le génocide rwandais ou la Shoah de la même manière? N’y a-t-il pas certains sujets tabous que nous devrions aborder autrement que par l’aspect ludique?

Nous sommes souvent incapable de saisir l’ampleur de la traite négrière et du commerce atlantique, les statistiques deviennent souvent absurdes. Même si Slave Trade est une réalité aseptisée, on peut dire que Serious Games Interactive a fait un effort louable pour aborder la matière.

Les Serious Games sont  là pour rester, il est bon de garder un oeil critique sur cette pratique.

Slave Trade

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nov/12

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La Laura Plantation

La Laura Plantation est un site touristique sur les plantations de cannes à sucre en Nouvelle-Orléans. Lors d’une visite en été dernier, j’ai constaté comment elle se distingue de ses compétiteurs en proposant une approche intéressante qui inclut une histoire de l’esclavage en plus de proposer des visites en langue française. Qu’en est-il au niveau du web? Car après tout,  une bonne stratégie web peut déterminer de la bonne progression du site touristique. Dans ce billet nous allons analyser le contenu du site et voir en quoi cela diffère d’une expérience réelle.  Le contenu est également très important puisqu’il laisse entrevoir les objectifs des propriétaires. Finalement le contenant nous démontrera comment les propriétaires se soucient de leur image web.

Au niveau du contenu, le site est relativement complet. Après avoir brièvement expliqué ce qu’est la culture créole sur la page d’accueil, l’onglet suivant se concentre sur la planification de la visite de la Laura Plantation. En plus de retrouver la section « tickets », on y retrouve également des informations sur l’horaire des tours guidés, des informations pour les groupes, ainsi que les recommandations générales. Une autre partie du site internet initie à l’histoire des plantations de canne à sucre. Dans cet onglet l’on retrouve plus précisément des informations sur la famille Laura’s ainsi que sur les origines créoles de celles-ci. Finalement, une dernière sous-section est consacrée aux registres d’esclaves et à leurs valeurs monétaires.  La place de l’esclavage est donc très limitée si on la compare à une visite réelle sur le site de la plantation. Sur un tour de 90 minutes, l’on passe environ 15 minutes à parler des esclaves de la plantation.

Le site internet comporte un en-tête qui contient le logo de la plantation et les récompenses reçues par l’entreprise. Celui-ci est suivi d’un menu en dessous et de la zone de texte. Des publicités se retrouvent en tout temps sur n’importe quelle page consultée. Cela laisse entrevoir l’objectif commercial du site puisque plusieurs onglets nous dirigent vers le magasin en ligne. Quelques pages sont absentes ou encore « en construction », et ce, malgré les 4 ans qui nous séparent de la création du site. Par exemple, lorsque l’on clique sur l’onglet « what’s new ? », une page vide apparaît avec aucune information. Le site gagnerait, au niveau du contenant, à remplir ces espaces vides, mais encore là, nous pouvons questionner la réelle intention des propriétaires de la Laura Plantation.

L’une des originalités du site se situe au bas de la page web dans des onglets qui valorisent certains aspects précis de la plantation. Par exemple, un onglet décrit les nombreux jardins que l’on retrouve dans la plantation et met l’accent sur la diversité florale de celui-ci. Si cette section est bien faite ainsi que celle de l’historique de la plantation, on peut tout de même reprocher un certain nombre d’éléments essentiels.

Plusieurs lacunes sont donc attribuables au site internet lorsqu’on le compare avec une vraie visite. Tout d’abord, il omet de dire que la Laura Plantation a gagné ses prix de tourismes surtout parce qu’elle faisait une place à l’histoire de l’esclavage. Un autre volet qui serait à approfondir (c’est ce qui déçoit le plus dans le site internet) est l’absence d’une traduction en français. En effet, depuis quelques années, en coopération avec le CODOFIL, La Laura Plantation offre des tours guidés en français afin d’attirer un public francophone. Ces efforts devraient être conciliés avec une mise à jour du site afin de vraiment montrer les avantages de la plantation. Or, on peut facilement questionner le désir de mettre en place des moyens pour attirer les Français dans ce type d’entreprise (qui au final attire une clientèle à grande partie anglophone). Finalement, on peut questionner les réelles intentions du site internet de la Laura Plantation. Malgré plusieurs informations intéressantes, il est clair que celui-ci est construit dans le but de faire vendre des articles complémentaires à une éventuelle visite du site touristique. En ce sens, le site internet est réussi. Par contre,  pour ce qui est de nous faire valoir une expérience réelle du site de la Laura Plantation, les énormes lacunes du site nous font croire que les administrateurs devraient peaufiner leur site internet afin de rendre compte plus fidèlement de l’expérience Laura Plantation.

www.lauraplantation.com

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oct/12

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Google Livres

Google Livres est un rejeton de la grande famille Google et son concept en est simple. Il témoigne de l’expertise du classique Google Recherche affilié à la littérature numérisée.  Ainsi, si pour des besoins de recherche en histoire vous devez solliciter la littérature, et ce, de manière rapide, cet outil offre des capacités intéressantes.

Tout d’abord,  au lancement d’une recherche, l’outil Google peut vous fournir des suggestions pareilles à la recherche classique. Cette disposition permet l’ouverture d’un champ de possibilités connexes. Cette dimension importe surtout quand l’orthographe des termes recherchés varie. Autre avantage de Google Livres, le moteur de recherches vous amène directement à l’extrait affichant l’expression que vous avez utilisée. De cette façon, vous pouvez constater tous les passages du livre où apparaît le sujet de votre recherche. Les mots utilisés pour votre recherche seront en vidéo inversé afin qu’ils soient repérables aisément. De plus, le numéro de la page de l’extrait est indiqué, ce qui permet d’établir une référence bibliographique rapidement. Une suggestion de livres abordant des sujets similaires sera présente en bas de page. Elle prendra la forme de couvertures numérisées. La bibliothèque Google offre la possibilité de télécharger des ouvrages libres de droit (et non libre) compatibles avec les Tablettes iPad, les lecteurs de livres numériques, le Smartphone et, évidemment, votre ordinateur. Les versions numérisées des ouvrages sur Google Livres sont faciles à télécharger. L’opération s’effectue avec une certaine rapidité, ce qui évite la chronophagie classique des téléchargements.  Il faut posséder un compte Google afin de télécharger les formats numérisés. Ces derniers sont habituellement en PDF. Certaines numérisations ne peuvent être visionnées que sur le web. En fait, Google Livres offre trois possibilités d’affichage, soit  l’Affichage du livre entier, s’il appartient au domaine public ou si l’éditeur ou l’auteur en a donné l’autorisation. S’il est du domaine publique, le téléchargement en PDF est possible.  Aussi, il y a l’aperçu limité qui, avec l’accord de l’auteur, donne accès à un nombre limité de pages du livre. Au surcroit, il y a l’affichage d’extraits qui permet d’afficher des informations bibliographiques ainsi que de courts extraits en lien avec les termes de votre recherche. Finalement, certains ouvrages ne possèdent aucun aperçu disponible. Dans cette situation, Google Livres affichera des informations générales sur le livre.

Cependant, il peut arriver qu’il soit impossible de faire des recherches terminologiques dans certains PDF une fois téléchargés. C’est que Google Livres désactive les fonctionnalités permettant d’imprimer, de couper, de copier et d’enregistrer le contenu pour une protection optimale des livres conséquemment à leur politique sur les droits d’auteur. Donc, que d’avoir le PDF n’est pas garant de recherches rapides à l’intérieur du texte! Cette disposition implique l’utilisation de Google Livres en permanence. De ce fait, le chercheur ne peut se priver d’une connexion internet.

Une autre lacune que Google Livres présente à l’occasion en est une de cadrage. En effet, dans certains cas, un décalage peut survenir dans l’extrait sélectionné par le moteur de recherche. Au lieu de tomber directement dessus, les termes de la recherche peuvent en réalité se retrouver sur une autre page ou tout simplement déborder de l’extrait.  Ce problème en est un partiel si l’ouvrage est totalement numérisé et accessible. Il est toujours possible de jeter un regard à l’intérieur du document numérisé pour retrouver l’expression recherchée. Souvent, elle parait à quelques lignes de l’extrait affiché par Google Livres.  Cependant, l’aspect négatif de cette distorsion se fait sentir plus fortement quand l’accès au livre est impossible pour des raisons de droits d’auteur ou, tout simplement parce que l’ouvrage n’est pas numérisé.  Il y a quand même un extrait et le numéro de la page, mais on ne peut rejoindre la page en entier en cliquant sur le numéro de la page. Il faut alors user d’autres bibliothèques numériques ou acheter une version papier de l’ouvrage. Dans ce cas, Google Livres met à votre disposition une liste de revendeurs . Autrement, le chercheur peut acheter une copie numérique de la publication, si tant est qu’elle existe, via Google Play. L’achat, comme le reste du contenu numérique de Google Livres donne le droit de copier l’ouvrage un nombre de fois illimité, pour notre usage personnel et à des fins non commerciales.

En définitive, sans être parfait, Google Livres est quand même un outil performant pour la recherche historique. Ses qualités principales sont une quantité imposante de publications numérisées, la variété des sujets et la rapidité à laquelle on y accède. Ce tout fait de l’outil Google Livres un incontournable pour le chercheur consciencieux.

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Parmi la multitude de sujets qui intéressent l’historien, les études sur les mangas s’insèrent dans un cadre atypique. Les mangas, aussi appelés bandes dessinées japonaises, connaissent une popularité au Japon dès 1945. Cette littérature de grand public s’adressent principalement aux enfants. Il existe plusieurs catégories de mangas. Les Shonen manga sont les histoires pour les jeunes garçons. Les Shojo manga s’adressent aux jeunes filles et les Seinen manga sont destinés aux adultes. Ce n’est qu’en 1980 que ce champ de recherche est exploré par les historiens. En effet, les mangas comportent de nombreux éléments historiques qui peuvent être analysés.  C’est dans ce contexte que le site web Manga Traders est crée en 2005. Cet outil de recherche gratuit est utile pour les historiens et les amateurs de mangas puisqu’il permet de lire des mangas en ligne gratuitement.

Manga Traders a pour objectif de publier des mangas et de partager ce divertissement populaire, ce qui les rend accessibles à la communauté internaute. Ils peuvent être visionnés en ligne ou même téléchargés par les Internautes. Avant la création de ce site, les mangas étaient dispersés sur le Web, rendant la recherche laborieuse. Un utilisateur possédant le pseudonyme Aftershock décide de mettre en ligne Manga Traders. Il veut rassembler tous les mangas en un seul endroit, y compris les Manhwa de Corée et les Manhuas de Chine. Le site devient rapidement un centre d’échange et de partage d’information pour numériser et publier des mangas.

Il faut cependant noter que les mangas sont uniquement traduits en anglais. Cette lacune peut occasionner des problèmes d’authenticité pour le chercheur. En effet, il existe une communauté d’amateurs de mangas sur Internet. Certains d’entre eux numérisent les chapitres sortis dans les magazines au Japon chaque semaine. À partir de cette numérisation, ils traduisent les textes du Japonais à l’Anglais. C’est cette traduction amateur qui causent des soucis aux historiens, car elle peut comporter des erreurs qu’un traducteur professionnel n’aurait pas fait.

Mis à jour quotidiennement, ce site publie les nouveaux mangas et One Shot manga. Il faut mentionner qu’une liste de mangas mis à l’index est établie afin d’enrayer le téléchargement de mangas pornographiques illégaux (Hentai ). La section Parcourir les mangas (Browse Manga) permet d’avoir un aperçu global du fonctionnement de la recherche des mangas avant d’aller sur l’onglet Recherche (Search). Cette section Recherche renferme un grand nombre de critères de sélection notamment l’auteur, le titre, le résumé, le genre, si la série est terminée ou encore en publication. Les résultats mènent à deux possibilités, soit ceux classés par les séries existantes ou par fichiers téléchargeables disponibles. À cela s’ajoute, un onglet Forums permet d’apporter des suggestions et discuter des dernières séries en vogue. Enfin, une section Support technique (Support) a été mise sur pied afin de répondre aux questions fréquemment posées.

Pour chaque manga choisi, le lecteur a accès aux renseignements essentiels soit, au résumé, aux séries connexes publiées par l’auteur, au genre et l’existence d’un forum de discussion. Il est possible pour le lecteur de sélectionner les tomes ou les chapitres qu’il désire lire en ligne. Pour avoir accès au téléchargement, le visiteur doit créer un compte utilisateur et se connecter. Malheureusement, il est impossible de supprimer le compte. Il faut donc cesser de l’utiliser si nous ne sommes plus intéressés à utiliser le compte. 

Après la lecture du chapitre, le lecteur est invité à répondre à un sondage et de noter le manga sur une échelle de 1 à 10 pour donner un aperçu du succès de la série. Les résultats sont comptabilisés sur un diagramme à bandes verticales et visibles pour les autres lecteurs. Par contre, il est impossible de commenter le manga afin de justifier le vote.

Au final, Manga Traders est un outil de recherche à faire découvrir aux spécialistes du manga, mais aussi aux amateurs de cette littérature populaire nippone. Il présente également l’avantage de regrouper les tomes des séries publiés au Japon, mais qui ne le sont pas encore en Europe ou en Amérique. Les lecteurs peuvent même avoir accès aux séries nippones qui n’auront pas la chance d’être publiées en librairie par manque de popularité occidentale.

Bonne lecture !

Pour en savoir plus :

Ouvrages :

TILLON, Fabien. Culture manga. Paris, Nouveau Monde, 2006, 144 p.

GRAVETT, Paul. Manga : Soixante ans de bande dessinée japonaise. Monaco, Du Rocher, 2005, 176 p.

Site Web :

Brève histoire du manga : Glénat manga (2008). Histoire du manga [site Web]. Consulté le 16 octobre 2012. http://www.glenatmanga.com/histoire-du-manga.asp

Glossaire :

Manga : Littéralement, ce mot signifie : « Images dérisoires ». Ces mots ont été repris pour caractériser la bande dessinée japonaise. [retour]

Shonen : Ce sont des mangas dont les histoires s’adressent aux jeunes garçons. Ces histoires se caractérisent par la présence de scènes d’action. [retour]

Shojo : Ces mangas renferment des histoires s’adressant aux jeunes filles. Ils se caractérisent par la grande quantité de scènes romantiques portée sur les sentiments et les émotions. [retour]

Seinen : Ces mangas s’adressent à un public adulte s’adressant aux hommes et aux femmes. Ces histoires comportent beaucoup plus de violence et sont portés sur l’intrigue. [retour]

Manhwa : Désigne les bandes dessinées coréennes. [retour]

Manhuas : Désigne les bandes dessinées chinoises. [retour]

One Shot : Ce manga se veut être une histoire qui se déroule en un tome. [retour]

Hentai : Ce sont des mangas à caractère pornographiques. Bien qu’ils soient relativement acceptés au Japon suivant des lois très précises, ces derniers sont considérés comme de la pornographie en Amérique. [retour]

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