L'informatique appliquée à l'histoire | La quête du futur en histoire

Résumé du logiciel

Stories Matter est un logiciel libre développé par le Centre for Oral History and Digital Storytelling. Le logiciel a été créé en 2009 pour l’usage sur un ordinateur personnel, puis mis à jour en 2010 pour y ajouter l’option de travailler en réseau et de stocker les données sur un serveur. Il peut être utilisé sur Mac ou sur PC, mais certaines fonctions ne sont pas disponibles sur Mac, par exemple l’exportation de clips.

Le chercheur qui utilise ce logiciel crée un projet, ajoute des interviewés et télécharge ses entrevues. Il découpe ensuite ses entrevues en clips et associe des mots-clés à chacun des clips. Il peut entre autres options annoter les entrevues et les clips, ajouter des informations sur l’interviewé et exporter des clips.

Le logiciel crée un nuage de mots-clés et permet au chercheur de faire une recherche pour identifier tous les clips d’un interviewé ou encore du projet entier qui contiennent un mot-clé. La recherche est aussi possible dans le champs de description des clips, ce qui permet de repérer rapidement un clip en particulier.

Intérêt pour les historiens

Le logiciel a été conçu spécifiquement pour les besoins des historiens qui utilisent des témoignages oraux. Il rend possible le traitement des entrevues sans avoir à les transcrire, ce qui permet d’épargner du temps et de conserver des informations qui sont perdues lors de la transcription, par exemple les émotions, le langage gestuel, etc. Le nuage de mots clés créé par le logiciel est très intéressant pour repérer des thèmes récurrents dans les entrevues et accéder rapidement aux extraits concernés.

Appréciation globale

Le logiciel fonctionne assez bien avec un seul utilisateur, sur un ordinateur personnel. Lorsqu’il s’agit de travailler en réseau, c’est un peu plus compliqué. J’ai personnellement rencontré quelques problèmes techniques quant à la connexion, la synchronisation et la consultation des données. L’équipe de Stories Matter se montre toutefois disponible et répond habituellement assez vite aux questions (en englais).

Bien que le logiciel permette de découper les entrevues en clips et de créer des listes de lectures, l’utilisateur doit garder en tête qu’il ne s’agit pas d’un logiciel de montage. Le découpage est plutôt imprécis (parfois jusqu’à 6-7 secondes d’imprécision au début du clip), et la fonction «Liste de lecture» ne permet pas de combiner des clips issus de plusieurs projets, ce qui est plutôt décevant.

Fait intéressant, le logiciel est disponible en anglais et en français. Le guide d’utilisation n’est cependant disponible qu’en anglais.

Téléchargement et informations pertinentes

Stories Matter peut être téléchargé ici. Vous trouverez sur ce site le guide d’utilisation ainsi que plus d’informations techniques sur le logiciel.

Au moment d’écrire ce billet, Stories Matter éprouvait des difficultés avec la version 3.8 d’Adobe Air. Pour ceux qui voudraient essayer le logiciel, assurez-vous d’avoir Adobe Air 3.7 et de reporter les mises à jour à plus tard, lorsque ce pépin sera réglé.

·

1759 ! L’exposition virtuelle/jeu sérieux du Musée Virtuel du Canada vise à  faire « un retour sur les étapes cruciales de la bataille des plaines d’Abraham : contexte, préparatifs, siège de Québec et affrontement.[1] ». Oublier le 400ème anniversaire de Québec en 2009, alors que la reconstitution de la bataille de la plaine d’Abraham crée un scandale[2]. Tout est beaucoup plus facile à accepter quand on le met sur support informatique. D’ailleurs, il n’est pas question d’attendre le 250ème anniversaire de la bataille. Le jeu est publié dès  2005 par la Commission des champs de bataille nationaux en grande coopération avec Le MVC lors du, très important, 246ème anniversaire de la bataille. Retour sur ce jeu « phare » et son contenu.

Le jeu consiste à prendre la place d’un Amérindien, d’un Britannique, d’un Français ou encore d’un Canadien afin d’explorer les différents enjeux de la Guerre de Sept Ans. Lors de la sélection d’un personnage l’on doit passer au travers des 4 modules qu’ils composent. Ceux-ci sont composés de sous-modules cliquables qui affichent différentes informations  ou encore mène à un mini-jeu. Simple comme bonjour direz-vous?! En fait, il y a toujours un module qui est difficile à trouver et le jeu devient rapidement frustrant. Pour les moins patients d’entre nous, il est important de savoir que l’on peut sauter toutes les activités (questionnaire, associations, vrai ou faux …) et passer aux modules suivants. Cependant, il est impératif de trouver toutes les sections cliquables. De quoi décourager les moins patients d’entre nous… Pour ceux qui auront passé à travers toutes les étapes, vous aurez la satisfaction d’écouter une vidéo de 7 minutes sur la bataille de la plaine d’Abraham.

Qui utilise cette exposition numérique encore aujourd’hui pour se remémorer cette glorieuse bataille ou encore pour l’utiliser à des fins pédagogiques ? Pourtant, en 2005, l’initiative parait intéressante. Les outils utilisés sont à la fine pointe de la technologie pour l’époque. Le langage Flash permet un environnement dynamique. Plusieurs options dans l’exposition/jeu nous permettent  de bien naviguer. L’onglet « navigation » permet plusieurs options et rajoute un excellent complément. Cependant, plusieurs jeux et animations sont d’une qualité douteuse. De plus, cette formule ne nous permet jamais de nous sentir dans un jeu ou encore dans une exposition. On navigue entre deux eaux tout le long de l’expérience et il s’agit d’une des plus grandes faiblesses de l’exposition/jeu. De plus, des bogues de chargement bloquent la progression dans le jeu[3]. C’est la frustration ultime, car en 3 tentatives (2 heures d’essai), nous n’avons pas réussi à finir le jeu.

Jeu « phare » en effet, mais sûrement pas pour son succès. Cependant, nous pouvons questionner la place que prend le jeu dans un espace politique tourné de plus en plus vers une tentative de coercition canadienne. Ici, il n’est pas question de critiquer la véracité des sources : elles sont bien exposées,cités et il est évident qu’il a eu un grand travail de recherche derrière ce projet. Toutefois, leur représentation ainsi que l’utilisation qui en a été fait nous démontre clairement un penchant : celui de la tentative  d’une histoire canadienne unique au détriment de 4 histoires différentes qui s’enchevêtre. Dans cette optique de vue, 1759 ne représente qu’une des premières pierres du projet à laquelle on pourrait greffer un bon nombre de projets du gouvernement du Canada depuis 2005 (comme celui de 1812.gc.ca ou encore le changement de nom du musée canadien des civilisations). En ce sens, 1759 représente plus qu’un simple jeu sérieux édité dans un but éducatif. Il pose un réel questionnement : Celui de la construction d’une histoire nation et de l’analyse de ses composantes.

http://1759.ccbn-nbc.gc.ca/ : Lien vers le jeu … et amuser vous !

http://www.ccbn-nbc.gc.ca/_fr/1759.php : site de la Commission des champs de bataille nationaux

http://www.youtube.com/watch?v=Le0k5xg2FSg : Pour votre pur plaisir : une publicité du musée virtuel canadien à propos du jeu 1759 !


[1] http://www.ccbn-nbc.gc.ca/_fr/1759.php?section=5

[2] http://www.ledevoir.com/politique/canada/231157/des-commandites-aux-plaines-d-abraham

[3] Pour ceux qui voudraient absolument voir la scène finale : cliquer sur le dernier onglet de la page : 1759, plan du site. (Après 1 heure de recherche et sachant comment le jeu a tendance à « bugger », il n’était pas question que je vous prive de la satisfaction de voir la fin du jeu)

· ·

Développée par le Roy Rosenzweig Center for History and New Media, Scripto est une plateforme qui offre des possibilités de transcription collaborative pour des projets en sciences humaines. Elle est conçue pour n’importe quel système de gestion de contenu (Omeka, WordPress, Drupal, etc.). Le concept est simple : le gestionnaire de projet sollicite une communauté de volontaires passionnés et enthousiastes pour participer à la transcription de documents d’archives. Les documents d’archives sont disponibles sous forme d’image qu’il est possible d’agrandir à sa guise. Pour un meilleur contrôle des transcriptions, Scripto permet aux éditeurs et aux transcripteurs de voir l’historique des modifications faites sur la transcription ainsi que le nom d’utilisateur du transcripteur. En effet, puisque Sciprto est lié avec un système de gestion de contenu lors de son utilisation, l’usager doit s’identifier grâce à son compte personnel (Omeka, WordPress, Drupal, etc.). Évidemment, puisque ne s’improvise pas transcripteur qui veut, un guide des grandes lignes de la transcription est disponible sur le site internet.

Scripto a déjà été utilisé pour plusieurs projets. C’est le cas, par exemple, du projet DIY History des bibliothèques de l’Université de l’Iowa. Ce projet consiste en la transcription de journaux et de lettres de guerres civiles. Avec l’aide des volontaires, plus de 15000 pages ont été transcrites en dix-huit mois. Le but premier de ce projet est une plus grande accessibilité des sources : les utilisateurs des bibliothèques de cette Université peuvent trouver plus facilement ce qu’ils cherchent dans les documents. L’université a également pu limiter ses coûts puisque ce sont des volontaires qui ont produit ces transcriptions.

Scripto est une ressource disponible sur le web, qui peut être très intéressante pour quiconque veut avoir une transcription d’archives familiales par exemple. Or, il va sans dire que cet outil est majoritairement utilisé par une communauté de scientifique, notamment par des historiens. Qu’il s’agisse de réduire ou de faciliter la tâche pour l’étude d’un corpus volumineux de sources, Scripto est un outil qui permet non seulement la transcription d’écritures manuscrites parfois difficiles à déchiffrer, mais également l’archivage des documents sous forme numérique. Évidemment, il existe de nombreux défis à la transcription collaborative. Le plus important d’entre ceux-ci est l’intérêt suscité par le projet. En effet, un chercheur ne peut pas simplement déposer des archives sur Scripto en espérant que quelques transcripteurs s’y intéressent. Il doit faire un appel à tous, de la publicité, pour attirer les transcripteurs. Il faudrait également réfléchir à une manière de faire en sorte que les projets puissent être utilisés par le plus grand nombre et qu’ils ne soient pas confinés à la plateforme Scripto.

 

scripto

No tags

L’industrie du monde du jeu vidéo prend son envol dans les années 1980 aux États-Unis et au Japon, donnant naissance à une communauté virtuelle. Le Japon prend rapidement les rênes de cette industrie et Nintendo est l’une des premières consoles de jeux à être exportée aux Etats-Unis. La popularité grandissante de cette console dit nécessairement contact avec la culture japonaise. Le volet culturel que possèdent les jeux vidéos américains et japonais est une dimension à prendre en compte lorsque l’on veut diffuser l’histoire. Comment cette culture américaine et japonaise réussit à transparaître dans les jeux vidéos ?

Il faut comprendre que le jeu vidéo japonais résulte d’une adaptation du Japon au monde occidental. Le Japon possède la faculté de s’inspirer des techniques américaines pour les remodeler à son image et créer quelque chose d’unique et qui se vend très bien tant au pays qu’à l’étranger, comme c’est le cas avec Mario Bross. Nintendo reste au sommet des ventes américaines, surpassant la console de jeu américaine Xbox 360. Par la vente de cette console de jeu, les Japonais s’adaptent à la culture américaine, mais implante une partie de la culture japonaise. Par exemple, l’industrie américaine du jeu vidéo crée majoritairement des jeux en mode solo, tandis que ceux japonais sont multijoueurs. Par ailleurs, les Japonais modifient le volet culturel pour créer des jeux vidéos s’adressant à une autre culture que la sienne. L’hybridité des cultures est donc au rendez-vous, car il s’agit d’une stratégie de marketing pour séduire les joueurs.

Chacun des pays créent des jeux vidéos qui représentent leurs cultures respectives. Pour ce faire, ils se basent sur leur propre histoire ou même l’histoire d’un autre pays pour créer un scénario, des personnages, des lieux qui interpellent le joueur. Par exemple, l’image du samouraï est utilisé autant dans les jeux vidéos américains que nippon. Les jeux vidéos diffusent des faits historiques pour la présenter aux joueurs. Selon la plateforme de jeu, les joueurs peuvent avoir le choix de modifier les attributs du personnage ou même le déroulement du jeu. La culture se voit transformée et être adaptée dans un monde divertissant. Le caractère divertissant du jeu vidéo contribue au joueur à s’imprégner d’une culture qui lui est parfois étrangère.

Bref, les jeux vidéos sont imprégnés de la culture de leur pays qui se base principalement sur des bribes d’histoires qui peuvent être modifiés lors de la création du jeu ou par le joueur. D’ailleurs, les concepteurs peuvent même adapter leur propre culture pour séduire un autre public que le sien. Le caractère ludique que possède le jeu vidéo est également à considérer en tant que joueur, car il est un facteur de modification de la culture.

· · ·

Comment savoir quelle thématique est à l’honneur dans les recherches Google ? Pour connaitre les tendances de recherche, entre 2004 et aujourd’hui, vous pouvez utiliser Google Trends. Grâce à cet outil d’observation des tendances de recherche, il est possible de visualiser, à la fois dans le temps et dans l’espace, la fréquence de recherche d’une thématique de votre choix.

Ainsi, nous pouvons par exemple savoir que dans le monde, le terme « seigneurie » est surtout recherché au Canada, que dans le Canada, c’est au Québec que la recherche porte le plus souvent sur ce terme. Et si on veut être encore plus précis, c’est à Beauport que la seigneurie est le plus recherchée dans Google. Nous pouvons également voir que c’est en décembre 2004, alors même qu’une journée d’étude sur le régime seigneurial à lieu à l’Université Laval (pour commémorer le 150e anniversaire de l’abolition du régime seigneurial au Québec) que le terme « seigneurie » est le moins recherché dans le monde sur Google.

Google Trends offre cependant beaucoup plus. En effet, on peut y trouver les tendances du moment dans la recherche Google, et ce, soit à l’échelle du monde ou pour un pays en particulier. De plus, pour chacune des tendances de recherche que l’on veut observer, il est possible de limiter la recherche selon divers critères. On peut effectivement chercher selon le type de recherche web, que ce soit une recherche d’image, dans l’actualité, de produit, ou simplement une recherche générale. Il est également possible de faire une recherche par pays, ou dans le monde. L’option dans le temps est aussi valide, le chercheur peut donc regarder les tendances de 2004 à aujourd’hui, ou des 30 derniers jours par exemple. On peut même voir l’évolution au fil du temps grâce à une vidéo, on voit donc, selon nos critères (de temps et d’espace), l’évolution de la tendance de la thématique voulue sur une carte géographique. Le site offre même l’option de faire des prévisions!

En plus de tout cela, il est possible de voir les termes associés à la tendance de recherche que nous voulons observer. Toujours selon notre exemple de « seigneurie », on remarque dans les termes associés des mots, ou groupe de mots, qui ne semble pas avoir de lien avec : on y retrouve « la commission scolaire seigneurie », « seigneurie gauthier » et même « peinture seigneurie ». Voilà qui peut montrer au chercheur que la thématique qu’il a choisie peut être incluse dans des recherches qu’il n’a pas soupçonnées.

Cet outil peut donc être très utile à toute personne qui s’intéresse aux différentes tendances de recherche. Dans le cas de certaines thématiques, comme notre exemple, il est également intéressant de voir les propensions de certaines régions ainsi que les nombreux termes associés, qui peuvent à la fois être surprenants en même temps d’ouvrir de nouvelles pistes de recherche.

Michel Morissette

· ·

1830, la Révolution belge, 300, Carthage, autant d’événements et de noms historiques, autant de sources d’inspirations pour les générations futures, autant de… bandes dessinées ! C’est un client assez friand de ce genre de marchandises qui vous présente le site Bdthèque (http://www.bdtheque.com/themes.php), qui permet de trouver de véritables ouvrages et romans historiques illustrés.

En arrivant sur le site, vous êtes aussitôt placés devant divers titres de bd, mais les titres historiques se trouvent dans l’onglet  »Thèmes », où en le sélectionnant, vous avez accès à plus de 271 titres couvrant divers sujets allant de la préhistoire à nos jours. Il est possible de chercher des oeuvres en fonctions de périodes chronologiques précises ou de thèmes tels : -l’Égypte pharaonique, -Cathares ou -Colonialisme. Bien que le site couvre l’ensemble des genres de Bd, surtout d’origine européenne, il permet de trouver par ce moyens de communication, des éléments adaptés à tous les types de clients. Ce peut être de remarquables ouvrages illustrés, des représentations allégoriques d’événements historiques, voire, de simple moyens de distraction pour intéresser le commun des gens à l’histoire. Néanmoins, l’un des problèmes de ce site est qu’il ne classe pas les bandes dessinées historiques selon leur degré de réalisme. On peut trouver des bandes dessinées qui sont des livres d’histoire comme la série  »Napoléon » (http://www.bdtheque.com/main.php?bdid=8234), on côtoie des ouvrages qui sont un peu moins réalistes comme  »Les Oubliés de l’Empire » (http://www.bdtheque.com/main.php?bdid=8912) et des ouvrages pour enfants tels que  »Rataplan et l’ibis d’or » (http://www.bdtheque.com/main.php?bdid=6778). Le site lui-même dispose de nombreux moteurs de recherche et a été créé de façon à permettre une utilisation facile, sans devoir faire de grandes acrobaties pour trouver ce que l’on cherche. Les couleurs sont brunes et calmes, auxquelles s’ajoutent des images des bandes dessinées recherchées avec de rares publicités.

Bref, l’intérêt de ce site est qu’il permet de parler de la culture contemporaine, de représentations alternatives de l’histoire et de s’amuser.

Le but d’un tel site n’est évidemment pas de faire de la recherche historique et des données historiques brutes, mais il permet de trouver de remarquables illustrations et représentations du passé. De même, pour les chercheurs s’intéressant aux bandes dessinées elles-mêmes, il représente une collection très impressionnante d’interviews de dessinateurs et une bonne source de liens vers des sites spécialisés sur les bandes dessinées. De même, il offre un catalogue assez intéressant de bandes dessinées anciennes et nouvelles, permettant de faire des comparaisons et des analyses sur ces thèmes. Il permet également de montrer certains phénomènes historiques dans la culture populaire et d’analyser la façon dont ces phénomènes sont traités dans cette industrie.

No tags

nov/12

23

Jouons aux esclaves!

Jouer aux esclaves? La phrase peut sembler étrange. C’est pourtant ce que la compagnie  Serious Games Interactive offre avec l’edulogiciel Slave Trade .  Ce jeu nous place dans la peau d’un enfant esclave qui évolue dans l’environnement du commerce triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et les Caraïbes.

Le jeu est bien fait. On éprouve même un certain intérêt à jouer, c’est l’fun comme dirait mon neveu, y’a des bonhommes! Je trouve en fait peu de défaut au produit. Cependant, si j’ai la capacité de faire la part des choses, qu’en est-il du jugement d’un enfant de 7 ans à qui ce produit est destiné?

Imaginons un enfant et son ami en classe, disons un enfant noir. Comment ces deux enfants vont-ils interagir suite à l’usage de ce jeu? Je  pense qu’il y a un certain risque de dérive. Il est possible qu’avec un bon encadrement, ce jeu permet de sensibiliser; les enfants sont capables d’ouverture, ils peuvent être très mesquins aussi.

Slave Trade soulève nombre de questions éthiques. Peut-on avoir du plaisir à apprendre avec un objet aussi délicat que la traite des esclaves? Comment peut-on garder l’intérêt d’un enfant? Avec des tâches plaisantes comme un Tétris géant dans un négrier? J’ai des doutes.

Pouvons-nous aborder le génocide rwandais ou la Shoah de la même manière? N’y a-t-il pas certains sujets tabous que nous devrions aborder autrement que par l’aspect ludique?

Nous sommes souvent incapable de saisir l’ampleur de la traite négrière et du commerce atlantique, les statistiques deviennent souvent absurdes. Même si Slave Trade est une réalité aseptisée, on peut dire que Serious Games Interactive a fait un effort louable pour aborder la matière.

Les Serious Games sont  là pour rester, il est bon de garder un oeil critique sur cette pratique.

Slave Trade

·

nov/12

20

La Laura Plantation

La Laura Plantation est un site touristique sur les plantations de cannes à sucre en Nouvelle-Orléans. Lors d’une visite en été dernier, j’ai constaté comment elle se distingue de ses compétiteurs en proposant une approche intéressante qui inclut une histoire de l’esclavage en plus de proposer des visites en langue française. Qu’en est-il au niveau du web? Car après tout,  une bonne stratégie web peut déterminer de la bonne progression du site touristique. Dans ce billet nous allons analyser le contenu du site et voir en quoi cela diffère d’une expérience réelle.  Le contenu est également très important puisqu’il laisse entrevoir les objectifs des propriétaires. Finalement le contenant nous démontrera comment les propriétaires se soucient de leur image web.

Au niveau du contenu, le site est relativement complet. Après avoir brièvement expliqué ce qu’est la culture créole sur la page d’accueil, l’onglet suivant se concentre sur la planification de la visite de la Laura Plantation. En plus de retrouver la section « tickets », on y retrouve également des informations sur l’horaire des tours guidés, des informations pour les groupes, ainsi que les recommandations générales. Une autre partie du site internet initie à l’histoire des plantations de canne à sucre. Dans cet onglet l’on retrouve plus précisément des informations sur la famille Laura’s ainsi que sur les origines créoles de celles-ci. Finalement, une dernière sous-section est consacrée aux registres d’esclaves et à leurs valeurs monétaires.  La place de l’esclavage est donc très limitée si on la compare à une visite réelle sur le site de la plantation. Sur un tour de 90 minutes, l’on passe environ 15 minutes à parler des esclaves de la plantation.

Le site internet comporte un en-tête qui contient le logo de la plantation et les récompenses reçues par l’entreprise. Celui-ci est suivi d’un menu en dessous et de la zone de texte. Des publicités se retrouvent en tout temps sur n’importe quelle page consultée. Cela laisse entrevoir l’objectif commercial du site puisque plusieurs onglets nous dirigent vers le magasin en ligne. Quelques pages sont absentes ou encore « en construction », et ce, malgré les 4 ans qui nous séparent de la création du site. Par exemple, lorsque l’on clique sur l’onglet « what’s new ? », une page vide apparaît avec aucune information. Le site gagnerait, au niveau du contenant, à remplir ces espaces vides, mais encore là, nous pouvons questionner la réelle intention des propriétaires de la Laura Plantation.

L’une des originalités du site se situe au bas de la page web dans des onglets qui valorisent certains aspects précis de la plantation. Par exemple, un onglet décrit les nombreux jardins que l’on retrouve dans la plantation et met l’accent sur la diversité florale de celui-ci. Si cette section est bien faite ainsi que celle de l’historique de la plantation, on peut tout de même reprocher un certain nombre d’éléments essentiels.

Plusieurs lacunes sont donc attribuables au site internet lorsqu’on le compare avec une vraie visite. Tout d’abord, il omet de dire que la Laura Plantation a gagné ses prix de tourismes surtout parce qu’elle faisait une place à l’histoire de l’esclavage. Un autre volet qui serait à approfondir (c’est ce qui déçoit le plus dans le site internet) est l’absence d’une traduction en français. En effet, depuis quelques années, en coopération avec le CODOFIL, La Laura Plantation offre des tours guidés en français afin d’attirer un public francophone. Ces efforts devraient être conciliés avec une mise à jour du site afin de vraiment montrer les avantages de la plantation. Or, on peut facilement questionner le désir de mettre en place des moyens pour attirer les Français dans ce type d’entreprise (qui au final attire une clientèle à grande partie anglophone). Finalement, on peut questionner les réelles intentions du site internet de la Laura Plantation. Malgré plusieurs informations intéressantes, il est clair que celui-ci est construit dans le but de faire vendre des articles complémentaires à une éventuelle visite du site touristique. En ce sens, le site internet est réussi. Par contre,  pour ce qui est de nous faire valoir une expérience réelle du site de la Laura Plantation, les énormes lacunes du site nous font croire que les administrateurs devraient peaufiner leur site internet afin de rendre compte plus fidèlement de l’expérience Laura Plantation.

www.lauraplantation.com

· ·

oct/12

28

Google Livres

Google Livres est un rejeton de la grande famille Google et son concept en est simple. Il témoigne de l’expertise du classique Google Recherche affilié à la littérature numérisée.  Ainsi, si pour des besoins de recherche en histoire vous devez solliciter la littérature, et ce, de manière rapide, cet outil offre des capacités intéressantes.

Tout d’abord,  au lancement d’une recherche, l’outil Google peut vous fournir des suggestions pareilles à la recherche classique. Cette disposition permet l’ouverture d’un champ de possibilités connexes. Cette dimension importe surtout quand l’orthographe des termes recherchés varie. Autre avantage de Google Livres, le moteur de recherches vous amène directement à l’extrait affichant l’expression que vous avez utilisée. De cette façon, vous pouvez constater tous les passages du livre où apparaît le sujet de votre recherche. Les mots utilisés pour votre recherche seront en vidéo inversé afin qu’ils soient repérables aisément. De plus, le numéro de la page de l’extrait est indiqué, ce qui permet d’établir une référence bibliographique rapidement. Une suggestion de livres abordant des sujets similaires sera présente en bas de page. Elle prendra la forme de couvertures numérisées. La bibliothèque Google offre la possibilité de télécharger des ouvrages libres de droit (et non libre) compatibles avec les Tablettes iPad, les lecteurs de livres numériques, le Smartphone et, évidemment, votre ordinateur. Les versions numérisées des ouvrages sur Google Livres sont faciles à télécharger. L’opération s’effectue avec une certaine rapidité, ce qui évite la chronophagie classique des téléchargements.  Il faut posséder un compte Google afin de télécharger les formats numérisés. Ces derniers sont habituellement en PDF. Certaines numérisations ne peuvent être visionnées que sur le web. En fait, Google Livres offre trois possibilités d’affichage, soit  l’Affichage du livre entier, s’il appartient au domaine public ou si l’éditeur ou l’auteur en a donné l’autorisation. S’il est du domaine publique, le téléchargement en PDF est possible.  Aussi, il y a l’aperçu limité qui, avec l’accord de l’auteur, donne accès à un nombre limité de pages du livre. Au surcroit, il y a l’affichage d’extraits qui permet d’afficher des informations bibliographiques ainsi que de courts extraits en lien avec les termes de votre recherche. Finalement, certains ouvrages ne possèdent aucun aperçu disponible. Dans cette situation, Google Livres affichera des informations générales sur le livre.

Cependant, il peut arriver qu’il soit impossible de faire des recherches terminologiques dans certains PDF une fois téléchargés. C’est que Google Livres désactive les fonctionnalités permettant d’imprimer, de couper, de copier et d’enregistrer le contenu pour une protection optimale des livres conséquemment à leur politique sur les droits d’auteur. Donc, que d’avoir le PDF n’est pas garant de recherches rapides à l’intérieur du texte! Cette disposition implique l’utilisation de Google Livres en permanence. De ce fait, le chercheur ne peut se priver d’une connexion internet.

Une autre lacune que Google Livres présente à l’occasion en est une de cadrage. En effet, dans certains cas, un décalage peut survenir dans l’extrait sélectionné par le moteur de recherche. Au lieu de tomber directement dessus, les termes de la recherche peuvent en réalité se retrouver sur une autre page ou tout simplement déborder de l’extrait.  Ce problème en est un partiel si l’ouvrage est totalement numérisé et accessible. Il est toujours possible de jeter un regard à l’intérieur du document numérisé pour retrouver l’expression recherchée. Souvent, elle parait à quelques lignes de l’extrait affiché par Google Livres.  Cependant, l’aspect négatif de cette distorsion se fait sentir plus fortement quand l’accès au livre est impossible pour des raisons de droits d’auteur ou, tout simplement parce que l’ouvrage n’est pas numérisé.  Il y a quand même un extrait et le numéro de la page, mais on ne peut rejoindre la page en entier en cliquant sur le numéro de la page. Il faut alors user d’autres bibliothèques numériques ou acheter une version papier de l’ouvrage. Dans ce cas, Google Livres met à votre disposition une liste de revendeurs . Autrement, le chercheur peut acheter une copie numérique de la publication, si tant est qu’elle existe, via Google Play. L’achat, comme le reste du contenu numérique de Google Livres donne le droit de copier l’ouvrage un nombre de fois illimité, pour notre usage personnel et à des fins non commerciales.

En définitive, sans être parfait, Google Livres est quand même un outil performant pour la recherche historique. Ses qualités principales sont une quantité imposante de publications numérisées, la variété des sujets et la rapidité à laquelle on y accède. Ce tout fait de l’outil Google Livres un incontournable pour le chercheur consciencieux.

.

· · · · · ·

oct/12

25

Zotero

Zotero est un outil de gestion documentaire gratuit disponible sur Internet. Il peut être utilisé comme une « extension » de Firefox ou une application autonome. En novembre 2012, nous sommes actuellement à la version 3.0. Il s’agit d’un outil qui dispose d’un budget de marketing moins grand que les EndNote et Procite. Il est donc moins connu de tous.

Cependant, il gagne à être connu pour les historiens. Il s’agit d’un logiciel libre créé par le Center of History and New Media (CHNM). Ce système de gestion bibliographique a été conçu par des historiens pour des historiens. Il permet de collecter les données, de les classifier et de faire les références à l’intérieur d’un texte.

Il existe quatre manières d’ajouter une référence à Zotero : à l’aide de l’icône qui apparaît au bout de la barre de navigation, l’entrée de saisies manuelles, la récupération des métadonnées d’un fichier PDF ainsi qu’en y inscrivant l’ISBN.

En plus du plugin de Zotero dans Firefox, il est également possible de gérer son compte sur le site de Zotero. Par contre, il faut y entrer les données manuellement. Lorsqu’on utilise le plugin, une synchronisation se fait avec le site web et enregistre toutes les modifications. Ainsi, le site web et le plugin possèdent les mêmes informations. Attention! Assurez-vous que votre mot de passe soit le même que pour entrer sur le site web, sinon la synchronisation ne se fera pas. Ceci a pour avantage d’utiliser Zotero peu importe le lieu où est située la personne. La synchronisation va se faire à la prochaine connexion de Firefox sur votre ordinateur.

Zotero est un outil de gestion bibliographique qui permet d’organiser ses références à l’aide de collections et de sous-collections, d’annotations, par des liens vers des fichiers et bien plus. Pour chaque référence, il est possible d’insérer des notes et des marqueurs. On peut également signaler les liens entre des références par la section « connexe ». Par l’ajout de marqueurs, il est facile d’exécuter une recherche dans Zotero. Il est également possible de sauvegarder sur d’autres supports pour éviter de perdre les références. Zotero permet aussi de sauver du temps, puisqu’il est possible de l’utiliser pour citer les références dans nos travaux que ce soit en notes de bas de page ou dans la bibliographie. Il suffit de déterminer le style désiré. Finalement, il est possible de créer des bibliographies collectives. Plusieurs personnes peuvent gérer les références d’un projet collectif par cet outil.

Pour connaître plus amplement Zotero je vous invite à vous rendre sur ce lien http://www.boiteaoutils.info/2012/06/introduction-zotero-30-nouveau-tutoriel.html pour y découvrir le tutoriel daté du mois de juin. Ce tutoriel fait sur PowerPoint montre les diverses utilisations de Zotero de l’installation à l’exportation de la bibliothèque. À l’aide de Zotero, la bibliographie ne sera plus un fardeau!

· ·

<< Latest posts

Older posts >>

Theme Design by devolux.nh2.me