L'informatique appliquée à l'histoire | La quête du futur en histoire

PressFoward est un projet du Roy Rosenzweig Center for History and New Media, qui a pour objectif de faciliter l’identification et l’utilisation de la littérature grise.

La littérature grise, qu’on nomme parfois littérature souterraine ou non conventionnelle, consiste en tout ce qui est produit en format papier ou numérique à l’intention d’un public restreint, en dehors des circuits commerciaux de l’édition et de la diffusion. Les rapports d’études ou de recherches, actes de congrès, thèses, données, projets numériques, etc. en font partie. Par définition, la littérature grise est difficile à identifier et atteindre. Pour régler ce problème, PressFoward a une stratégie en plusieurs volets.

  • Ils font de la recherche sur la diffusion en ligne de la littérature grise et ont publié plusieurs rapports à ce sujet.
  • Ils ont développé un plug-in pour la plateforme WordPress, qui facilite l’ajout et le partage de contenu de plusieurs sources. Le plug-in fournit un lecteur RSS dans le tableau de bord WordPress et un outil de rédaction collaborative qui permet de donner des niveaux d’accès aux utilisateurs et de commenter le contenu. Il y a aussi une interface afin que les éditeurs puissent critiquer et commenter les propositions des utilisateurs.
  • Ils ont des publications expérimentales qui leur permettent de tester leurs méthodes. Ces publications sont assez différentes les unes des autres. Parmi celles-ci, The Journal of Digital Humanities se présente comme une revue traditionnelle, avec des articles complets, mais en ligne. Global Perspectives on Digital History se présente plutôt comme un blogue dans lequel on trouve des liens vers d’autres plateformes de diffusion. Dans le cas d’American History Now, on peut soumettre des comptes-rendus, des articles ou des réflexions qui ne conviennent pas à des publications traditionnelles. Les publications sont révisées en temps réel par ceux qui fréquentent le site, et les meilleures peuvent être désignées comme les choix de l’éditeur. On peut aussi devenir blogueur sur cette plateforme. Leur équipe offre par ailleurs du soutien aux éditeurs potentiels qui voudraient développer une publication en ligne.

Les historiens intéressés à diffuser des travaux qui ne répondent pas aux standards traditionnels peuvent trouver dans les publications de PressFoward un moyen de rendre accessibles leurs résultats de recherche ou leurs idées. Les délais de publication sont beaucoup plus courts et il existe une certaine forme de révision par les pairs qui garantit la qualité du contenu.

Ceux qui voudraient lancer leur propre plateforme de diffusion peuvent bénéficier de l’expérience et du soutien de PressFoward pour leur projet. Il suffit de remplir un formulaire pour identifier la manière dont on souhaite acquérir et réviser le contenu, des sites qui pourraient servir de modèles, etc.

Je n’ai pas été en mesure de tester le plug-in sur une plateforme WordPress, puisque je n’ai pas accès à cette plateforme pour le moment. Cependant, ceux qui désirent le faire peuvent le télécharger gratuitement sur GitHub et obtenir du soutien en ligne.

Askom est une compagnie française qui a démarré en 2007 qui se spécialise dans la création d’agents virtuels. Il s’agit en fait d’un programme qui permet de naviguer au sein d’un site web en posant des questions à un avatar qui prend très souvent une forme humaine. Askom propose des forfaits mensuels variés permettant de créer un personnage pouvant répondre à un nombre X de questions. Lorsqu’un utilisateur pose une question à l’agent virtuel celui-ci analyse les mots constitutifs de celle-ci et tente de donner la meilleure réponse que sa banque possède à ce sujet. Souvent la réponse dirigera l’utilisateur vers le lien du site web qui lui permettra de trouver ce qu’il cherche. L’avatar s’améliore, normalement, à chaque question puisque l’utilisateur est invité à signaler si la réponse était pertinente ou non. Ainsi, il apprend de ses erreurs et ce type de travail se rapproche de l’intelligence artificielle.

Le lien avec les historiens n’est pas d’emblée énoncé. Toutefois, mon projet de maîtrise tentera de démontrer la pertinence d’un tel outil au sein d’une plate-forme web utilisant une base de données archivistique et culturelle. Étant donné les imposantes collections que l’on retrouve sur ce type d’interface, je crois sincèrement qu’un outil qui pourrait identifier les bons fonds et faire des regroupements selon des mots sélectionnés permettrait de faciliter la recherche tout en révélant de nouvelles associations.

Plusieurs compagnies et organismes ont fait appel aux services d’Askom pour intégrer un agent virtuel à leur site Internet. C’est le cas du gouvernement français pour son site recrutement pour l’armée de terre avec l’ajout du caporal Dupont. Mon premier commentaire serait de signaler les limites de ce type d’interaction. Si on pose une question qui sort des paramètres de l’avatar, il indique de manière très machinal son incompréhension. De plus, le caporal est le premier agent virtuel « protéiforme » d’Askom, ce qui veut dire qu’il possède quatre représentations physiques qui apparaissent de manière aléatoire. Toutefois, ce type de changement cause des problèmes de genre (masculin/féminin) avec le texte que l’on peut lire. Un autre problème est qu’on peut poser deux questions différentes et obtenir la même réponse puisque le programme repère la même suite de mots qui lui dicte de donner le même énoncé. Donc, il est difficile d’aller chercher un détail mal compris. Cet inconvénient sera inévitablement une problématique pour l’histoire qui s’intéresse souvent aux pièces et à leurs détails.

Bref,  je suis convaincu du potentiel de ce type d’outil, mais il faut continuer de peaufiner le produit d’Askom pour arriver à un outil utile aux sciences historiques.

Site officiel d’Askom: http://www.askom.fr/index

Pour questionner le caporal Dupont: http://www.recrutement.terre.defense.gouv.fr/

Dans le domaine des outils historiens sur le web, un problème fondamental est celui de la diffusion auprès du public. Il peut être ardu de rejoindre le plus grand nombre, à moins de partir d’une entité déjà largement reconnue. C’est le cas de la section historique en ligne de la BBC, un fragment d’un acteur médiatique établi mis au service de la connaissance de l’histoire auprès du plus grand nombre.

Qu’est-ce que c’est?

BBC History (http://www.bbc.co.uk/history/0/) est une section du site internet de la British Broadcasting Corporation, le radio- et télé-diffuseur public national du Royaume-Uni. Comme tout site médiatique, il y a une section nouvelles, une section sports, météo, culture, et ainsi de suite. Comme la BBC (« Auntie Beeb » pour les Anglais, traduisible en québécois par «Matante Bibi») a aussi un mandat éducatif, la section History  a été instaurée. Elle vise à rassembler en un seul endroit tous les programmes, publications, articles, éditoriaux et autres à caractère historique émanant de tous les éléments (radio, télé, web) de la BBC. BBC History est donc tout d’abord un portail web, très simple en soi, dont la qualité dépend foncièrement de la qualité des articles publiés.

 

Comment on l’utilise?

BBC History est un site d’accès public gratuit, en anglais bien sûr. Sur sa page d’accueil, on retrouve diverses sous-sections. La principale est la sections actualités, qui rassemble les nouvelles et articles publiés récemment qui présentent une facette historique. Pour la plupart, ce sont des textes sur le web. En barre latérale, on retrouve de nombreux vidéos, extraits audio et reportages liés à l’histoire.

Plus bas, une section permet d’accéder aux documentaires historiques présentés à la télévision et à la radio. (Malheureusement, à cause des restrictions de droits de diffusion, le logiciel iPlayer version vidéo ne fonctionne pas au Canada. Cependant, iPlayer radio est accessible globalement. Il est possible d’atteindre cela en passant directement par le site de iPlayer, catégorie Factual, puis History)

Plus bas encore, on retrouve les liens vers les sections spécialisées en profondeur (British History, World Wars, Ancient History, History for Kids…) et finalement un module qui répertorie les événements à caractère historique en Grande-Bretagne, comme les expositions et les conférences.

Il y a au bout du site une case de recherche pour permettre aux Britanniques de découvrir les activités historiques offertes dans leur voisinage.

 

Que retrouve-t-on comme sujets?

Il y a une très grande variété parmi les articles récents. Certains concernent des découvertes archéologiques, d’autres sont des articles narratifs (ou même polémiques!) sur un point d’histoire et d’autres encore se rapportent à l’historiographie d’une sujet. Plusieurs sont motivés par des évènements actuels et tentent d’expliquer les racines du présent.

Parmi les sections permanentes qui contiennent une plus grande profondeur d’analyse, on retrouve les sections British History (Îles Britanniques), Ancient History (Antiquité), Family History (généalogie), History for Kids (éducation et activités jeunesse), World Wars (Guerres Mondiales), Historic Figures (personnages historiques), Recent History (contemporain) et On This Day (éphémérides).

L’index alphabétique de toutes les sections reste probablement l’endroit le plus crucial pour l’historien, entre autre y sont accessibles les sections interactives Hands on History, qui sont les parties les lus conceptuellement modernes du portail, avec une grande quantité d’applications web, d’activités, d’accès aux ressources dans le but d’intéresser les jeunes.

Si le Royaume-Uni occupe une part importante de l’espace du portail, BBC History présente un éventail remarquablement global de thèmes, dans le temps et dans l’espace. Sans doute une conséquence de la portée immense de la langue anglaise et de l’héritage de l’Empire Britannique, la BBC se veut le média le plus international sur terre, avec sa multitude de versions locales, du swahili à l’urdu. La BBC est une institution nationale avec des moyens non négligeables et une culture institutionnelle qui favorise un haut niveau de qualité.

 

Qu’est-ce que ça procure à l’historien?

Le portail BBC History est tout d’abord un moyen de rester en contact avec le monde et ses aspects historiques. Ce n’est certes pas l’endroit pour  une étude approfondie d’un sujet étroitement spécifique, mais l’étendue de son champ d’action mérite au moins l’intérêt de l’historien humaniste.

Les sections spécialisées et audio-visuelles ont un usage notable pour l’enseignement, avec des capsules sur une grande variété de sujets. Elles peuvent servir à approfondir un sujet, égayer l’expérience pédagogique, présenter une perspective locale (voir le programme radio Witness pour une démonstration des possibilités)  et exercer la compréhension de l’anglais.

En bref, BBC History est un portail très intéressant, et un modèle pour les autres diffuseurs publics nationaux à travers le monde. Il est à noter que le portail a donné naissance à un magazine papier compagnon, History Extra.

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Serendip-o-matic est un outil de recherche développé pendant l’été 2013 par le Roy Rosenzweig Center for History and New Media, et dont le nom fait référence au terme serendipity, qui désigne le fait de faire par hasard une découverte en cherchant autre chose. L’outil a été développé par une douzaine de chercheurs, étudiants, bibliothécaires et professionnels du milieu muséal.

Le concept est assez simple : il s’agit d’insérer du texte dans le champ de recherche – texte d’un article, citation, article Wikipedia, etc. – ou même de se connecter à sa bibliothèque Zotero, et Serendip-o-matic extrait des mots clés afin de suggérer des documents qui pourraient être en lien avec vos intérêts de recherche. Les sources proposées, documents textuels, cartes, photographies, etc., proviennent de plusieurs banques de données contenant chacune plusieurs millions de documents : Digital Public Library of America, Europeana et Flickr Commons.

Le principal intérêt de cet outil, comme le mentionnent ses créateurs, est de permettre de jeter un nouveau coup d’œil sur son sujet de recherche. Il faut garder à l’esprit que le but de cet outil n’est pas de produire des résultats exhaustifs, mais pour les plus curieux et les plus patients, il peut permettre de faire des découvertes surprenantes.

Après plusieurs tentatives, au moment où je m’apprêtais à conclure que cet outil n’était pas très utile, j’ai finalement été interpellée par une photo qui, après une suite de clics, m’a mise sur une piste pour ma recherche de maîtrise. Je dirais que pour obtenir des résultats intéressants avec Serendip-o-matic, le chercheur doit être flexible et se mettre dans un état d’esprit particulier. Il ne faut pas utiliser cet outil avec des œillères.

Néanmoins, même dans un état d’esprit favorable à la sérendipité, certaines caractéristiques de cet outil limitent les résultats que l’on peut obtenir. D’abord, il est conçu pour être utilisé en anglais. Il fonctionne malgré tout lorsque le texte est entré en français dans le champ de recherche, mais bizarrement, lorsque l’on utilise l’option de faire une recherche avec les données de notre compte Zotero, les mots clés sélectionnés par l’outil se voient amputés de leurs lettres accentuées (Québec devient Qubec…). On devine que cette option est plus utile à ceux dont la bibliothèque compte surtout des ouvrages en anglais. Par ailleurs, bien que les banques de données utilisées contiennent des documents d’organismes de partout à travers le monde, il demeure que ce sont surtout des organismes étatsuniens ou européens (Le Musée McCord collabore à Flickr Commons, mais il s’agit d’une des seules institutions canadiennes, selon mes observations. Les institution asiatiques, africaines ou sud-américaines sont très peu représentées.). Finalement, ceux qui s’intéressent au respect de leur vie privée seront contents d’apprendre que Serendip-o-matic n’enregistre ni les requêtes, ni les résultats. Il permet par contre à ceux qui voudraient sauvegarder leurs résultats de recherche de générer une liste des résultats avec des hyperliens.

Pour faire un test, et peut-être des trouvailles, c’est par ici.

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oct/13

8

De cartes en coordonnées: Map Warper

L’histoire des endroits et des localités amène l’historien à étudier les cartes. La cartographie est cependant un art infiniment variable et étonnamment complexe; dès lors, la comparaison de plusieurs cartes devient ardue. C’est pourquoi Map Warper existe. Cet outil vise à permettre à un utilisateur de mette en relation des cartes existantes avec la puissance de la cartographie moderne.

À quoi ça sert?

Map Warper (http://mapwarper.net/) est une plate-forme web sur laquelle une carte précédemment numérisée peut être superposée sur les cartes actuelles. En localisant des points de contrôle communs entre les deux cartes, il est possible de corriger ainsi les inexactitudes des cartes anciennes et de comparer l’évolution géographique d’un lieu. Puisque les cartes modernes sont précisément définies en latitude et en longitude, il est ainsi possible de géoréférencer une carte préexistante, soit de rattacher des coordonnées terrestres à chaque point de la carte. Une carte passe alors d’un simple bout de papier à une collection organisée d’images localisée dans le temps et dans l’espace.

Comment ça marche?

L’utilisateur doit s’inscrire (gratuitement) avec un compte sur le site de Map Warper. Ensuite, il peut télécharger une carte numérisée au préalable, placer des bornes de contrôle correspondant aux points communs entre la carte de l’utilisateur et la carte de fond actuelle, adapter la forme de la carte ancienne pour suivre les dimensions et orientations réelles de la Terre (les géoréférences) et finalement superposer le tout sur une plate-forme cartographique en ligne, telle qu’OpenStreetMap ou Google Maps. Map Warper étant placé sous le signe du logiciel libre gratuit, toute carte sur le site devient accessible à tous les membres pour consultation et modifications, permettant un travail vraiment collaboratif.

 La base du logiciel est faite dans les langages Ruby on Rails. Le code est publié sous licence du MIT et est accessible à tous ceux qui en font la demande.

Qui a fait tout ça?

Map Warper a été développé par Timothy F. Waters du groupe Topomancy LLC (anciennement EntropyFree), avec Schuyler Erle et Shekhar Krishnan, pour le compte du réseau des bibliothèques publiques de la ville de New York (NYPL) et soutenu par le Center for Geographic Analysis de l’Université Harvard. Se disant inspiré par un outil semblable déjà inventé, le Map Rectifier de Metacarta, Waters a voulu améliorer le concept et le rendre plus accessible. Map Rectifier étant un paquet logiciel demandant une compréhension de l’informatique plus poussée; Map Warper est une plate-forme aisément accessible qui ne demande pas ou peu de connaissances informatiques.

Outre le site principal, les deux commanditaires ont chacun leur site spécifique hébergeant une implantation de Map Warper:

http://maps.nypl.org/warper/

et

 http://warp.worldmap.harvard.edu/

Qu’est-ce que ça procure à l’historien?

Par expérience, les cartes anciennes sont une ressource dont l’exploitation peut-être lourde, particulièrement lorsqu’on désire une étude quantitative et exhaustive plutôt qu’une évaluation qualitative et contextuelle de la carte. La qualité variable des cartes, la difficulté inhérente à la cartographie, l’imprécision de la géographie ancienne et l’infinie gamme des échelles se conjuguent pour compliquer la tâche de l’historien. Map Warper implifie énormément l’acte de comparer une carte ancienne avec la situation actuelle; les erreurs de formes sont corrigées et la différentes échelles sont trivialement faciles à gérer. L’économie de temps et d’effort est très grande et permet d’accélérer le passage aux phases de dénombrement, d’examen et d’analyse dans la recherche.

Est-ce de qualité?

Map Warper est cependant encore en phase beta et peut présenter des instabilités. Cependant, les expériences faites ici à l’Université de Sherbrooke sont encourageantes quant à la capacité et à l’efficacité de la plate-forme. Le gain de productivité comparativement aux méthodes de géoréférencement précédentes est si grand que cela surpasse les considérations de stabilité.

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sept/13

30

Omeka – Simple et efficace

Omeka est un système de gestion de contenu sur plate-forme LAMP (Linux, Apache, MySQL, PHP), sous licence libre, se spécialisant dans la gestion de collections numériques pour les librairies, les musées, les archives et les institutions d’enseignement. Conçue par le Center for History and New Media, Omeka permet une grande flexibilité au niveau de la présentation de l’interface grâce aux multiples extensions et thèmes disponibles. Toutefois, cette liberté n’amène pas une complexité de configuration puisque le logiciel est conçu pour être compris de façon pratiquement intuitive. En d’autres mots, il s’agit d’un logiciel pour les professionnels qui ne sont pas des programmeurs. La grande majorité des modifications de l’interface peut se faire par un tableau de bord d’administration.

L’intérêt pour les historiens se trouve justement dans cette idée de simplicité qui permet de cataloguer des collections d’une manière dynamique. Utilisant le protocole Dublin Core, et même Dublin Core extended, l’historien a la possibilité d’entrer une multitude de métadonnées qui permettent de répertorier le document dans un ensemble ainsi que les composantes de celui-ci. La possibilité de transformer les collections en expositions est aussi un outil utile pour les historiens qui sont en mesure d’expliquer, par le récit muséologique, la cohésion qui existe entre les composantes de leur base de données. Par exemple, Europeana, bibliothèque numérique européenne lancée en novembre 2008, utilise Omeka pour ses expositions sur l’art nouveau.

Il existe deux façons d’utiliser Omeka : avec notre propre serveur ou en hébergeant notre plate-forme sur le leur.  La première option permet une plus grande flexibilité que la seconde puisqu’il est possible d’ajouter des extensions et des thèmes ce qui permet de personnaliser l’interface. En hébergeant, les possibilités sont moins nombreuses. Toutefois, lorsqu’on utilise notre propre serveur il faut avoir une base de connaissances en informatiques puisqu’il faut aller insérer des fichiers téléchargés (extensions et thèmes) aux bons endroits dans les fichiers d’Omeka. De plus, lorsqu’on veut effectuer certaines modifications liées à la configuration interne, il faut directement intervenir dans le code. Ce type de manipulations devient moins intuitif pour un néophyte. Outre cette difficulté, Omeka est maintenant passé à sa version 2.0 ce qui crée certains problèmes de compatibilité. En effet, plusieurs extensions ne sont pas nécessairement mises à jour régulièrement et lorsqu’on a changé la version d’Omeka, celles-ci sont devenues inutilisables. Ce qui empêche d’utiliser tous les outils que l’on avait dans les versions antérieures. Toutefois, on peut croire que ces problèmes seront corrigés avec le temps.

Omeka reste, cependant, un excellent produit pour les professionnels des sciences historiques pour mettre en ligne des collections ; simplement et efficacement.

Pour en savoir plus et essayer:

http://www.omeka.org/

http://www.omeka.net/

 

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Résumé du logiciel

Stories Matter est un logiciel libre développé par le Centre for Oral History and Digital Storytelling. Le logiciel a été créé en 2009 pour l’usage sur un ordinateur personnel, puis mis à jour en 2010 pour y ajouter l’option de travailler en réseau et de stocker les données sur un serveur. Il peut être utilisé sur Mac ou sur PC, mais certaines fonctions ne sont pas disponibles sur Mac, par exemple l’exportation de clips.

Le chercheur qui utilise ce logiciel crée un projet, ajoute des interviewés et télécharge ses entrevues. Il découpe ensuite ses entrevues en clips et associe des mots-clés à chacun des clips. Il peut entre autres options annoter les entrevues et les clips, ajouter des informations sur l’interviewé et exporter des clips.

Le logiciel crée un nuage de mots-clés et permet au chercheur de faire une recherche pour identifier tous les clips d’un interviewé ou encore du projet entier qui contiennent un mot-clé. La recherche est aussi possible dans le champs de description des clips, ce qui permet de repérer rapidement un clip en particulier.

Intérêt pour les historiens

Le logiciel a été conçu spécifiquement pour les besoins des historiens qui utilisent des témoignages oraux. Il rend possible le traitement des entrevues sans avoir à les transcrire, ce qui permet d’épargner du temps et de conserver des informations qui sont perdues lors de la transcription, par exemple les émotions, le langage gestuel, etc. Le nuage de mots clés créé par le logiciel est très intéressant pour repérer des thèmes récurrents dans les entrevues et accéder rapidement aux extraits concernés.

Appréciation globale

Le logiciel fonctionne assez bien avec un seul utilisateur, sur un ordinateur personnel. Lorsqu’il s’agit de travailler en réseau, c’est un peu plus compliqué. J’ai personnellement rencontré quelques problèmes techniques quant à la connexion, la synchronisation et la consultation des données. L’équipe de Stories Matter se montre toutefois disponible et répond habituellement assez vite aux questions (en englais).

Bien que le logiciel permette de découper les entrevues en clips et de créer des listes de lectures, l’utilisateur doit garder en tête qu’il ne s’agit pas d’un logiciel de montage. Le découpage est plutôt imprécis (parfois jusqu’à 6-7 secondes d’imprécision au début du clip), et la fonction «Liste de lecture» ne permet pas de combiner des clips issus de plusieurs projets, ce qui est plutôt décevant.

Fait intéressant, le logiciel est disponible en anglais et en français. Le guide d’utilisation n’est cependant disponible qu’en anglais.

Téléchargement et informations pertinentes

Stories Matter peut être téléchargé ici. Vous trouverez sur ce site le guide d’utilisation ainsi que plus d’informations techniques sur le logiciel.

Au moment d’écrire ce billet, Stories Matter éprouvait des difficultés avec la version 3.8 d’Adobe Air. Pour ceux qui voudraient essayer le logiciel, assurez-vous d’avoir Adobe Air 3.7 et de reporter les mises à jour à plus tard, lorsque ce pépin sera réglé.

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1759 ! L’exposition virtuelle/jeu sérieux du Musée Virtuel du Canada vise à  faire « un retour sur les étapes cruciales de la bataille des plaines d’Abraham : contexte, préparatifs, siège de Québec et affrontement.[1] ». Oublier le 400ème anniversaire de Québec en 2009, alors que la reconstitution de la bataille de la plaine d’Abraham crée un scandale[2]. Tout est beaucoup plus facile à accepter quand on le met sur support informatique. D’ailleurs, il n’est pas question d’attendre le 250ème anniversaire de la bataille. Le jeu est publié dès  2005 par la Commission des champs de bataille nationaux en grande coopération avec Le MVC lors du, très important, 246ème anniversaire de la bataille. Retour sur ce jeu « phare » et son contenu.

Le jeu consiste à prendre la place d’un Amérindien, d’un Britannique, d’un Français ou encore d’un Canadien afin d’explorer les différents enjeux de la Guerre de Sept Ans. Lors de la sélection d’un personnage l’on doit passer au travers des 4 modules qu’ils composent. Ceux-ci sont composés de sous-modules cliquables qui affichent différentes informations  ou encore mène à un mini-jeu. Simple comme bonjour direz-vous?! En fait, il y a toujours un module qui est difficile à trouver et le jeu devient rapidement frustrant. Pour les moins patients d’entre nous, il est important de savoir que l’on peut sauter toutes les activités (questionnaire, associations, vrai ou faux …) et passer aux modules suivants. Cependant, il est impératif de trouver toutes les sections cliquables. De quoi décourager les moins patients d’entre nous… Pour ceux qui auront passé à travers toutes les étapes, vous aurez la satisfaction d’écouter une vidéo de 7 minutes sur la bataille de la plaine d’Abraham.

Qui utilise cette exposition numérique encore aujourd’hui pour se remémorer cette glorieuse bataille ou encore pour l’utiliser à des fins pédagogiques ? Pourtant, en 2005, l’initiative parait intéressante. Les outils utilisés sont à la fine pointe de la technologie pour l’époque. Le langage Flash permet un environnement dynamique. Plusieurs options dans l’exposition/jeu nous permettent  de bien naviguer. L’onglet « navigation » permet plusieurs options et rajoute un excellent complément. Cependant, plusieurs jeux et animations sont d’une qualité douteuse. De plus, cette formule ne nous permet jamais de nous sentir dans un jeu ou encore dans une exposition. On navigue entre deux eaux tout le long de l’expérience et il s’agit d’une des plus grandes faiblesses de l’exposition/jeu. De plus, des bogues de chargement bloquent la progression dans le jeu[3]. C’est la frustration ultime, car en 3 tentatives (2 heures d’essai), nous n’avons pas réussi à finir le jeu.

Jeu « phare » en effet, mais sûrement pas pour son succès. Cependant, nous pouvons questionner la place que prend le jeu dans un espace politique tourné de plus en plus vers une tentative de coercition canadienne. Ici, il n’est pas question de critiquer la véracité des sources : elles sont bien exposées,cités et il est évident qu’il a eu un grand travail de recherche derrière ce projet. Toutefois, leur représentation ainsi que l’utilisation qui en a été fait nous démontre clairement un penchant : celui de la tentative  d’une histoire canadienne unique au détriment de 4 histoires différentes qui s’enchevêtre. Dans cette optique de vue, 1759 ne représente qu’une des premières pierres du projet à laquelle on pourrait greffer un bon nombre de projets du gouvernement du Canada depuis 2005 (comme celui de 1812.gc.ca ou encore le changement de nom du musée canadien des civilisations). En ce sens, 1759 représente plus qu’un simple jeu sérieux édité dans un but éducatif. Il pose un réel questionnement : Celui de la construction d’une histoire nation et de l’analyse de ses composantes.

http://1759.ccbn-nbc.gc.ca/ : Lien vers le jeu … et amuser vous !

http://www.ccbn-nbc.gc.ca/_fr/1759.php : site de la Commission des champs de bataille nationaux

http://www.youtube.com/watch?v=Le0k5xg2FSg : Pour votre pur plaisir : une publicité du musée virtuel canadien à propos du jeu 1759 !


[1] http://www.ccbn-nbc.gc.ca/_fr/1759.php?section=5

[2] http://www.ledevoir.com/politique/canada/231157/des-commandites-aux-plaines-d-abraham

[3] Pour ceux qui voudraient absolument voir la scène finale : cliquer sur le dernier onglet de la page : 1759, plan du site. (Après 1 heure de recherche et sachant comment le jeu a tendance à « bugger », il n’était pas question que je vous prive de la satisfaction de voir la fin du jeu)

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Développée par le Roy Rosenzweig Center for History and New Media, Scripto est une plateforme qui offre des possibilités de transcription collaborative pour des projets en sciences humaines. Elle est conçue pour n’importe quel système de gestion de contenu (Omeka, WordPress, Drupal, etc.). Le concept est simple : le gestionnaire de projet sollicite une communauté de volontaires passionnés et enthousiastes pour participer à la transcription de documents d’archives. Les documents d’archives sont disponibles sous forme d’image qu’il est possible d’agrandir à sa guise. Pour un meilleur contrôle des transcriptions, Scripto permet aux éditeurs et aux transcripteurs de voir l’historique des modifications faites sur la transcription ainsi que le nom d’utilisateur du transcripteur. En effet, puisque Sciprto est lié avec un système de gestion de contenu lors de son utilisation, l’usager doit s’identifier grâce à son compte personnel (Omeka, WordPress, Drupal, etc.). Évidemment, puisque ne s’improvise pas transcripteur qui veut, un guide des grandes lignes de la transcription est disponible sur le site internet.

Scripto a déjà été utilisé pour plusieurs projets. C’est le cas, par exemple, du projet DIY History des bibliothèques de l’Université de l’Iowa. Ce projet consiste en la transcription de journaux et de lettres de guerres civiles. Avec l’aide des volontaires, plus de 15000 pages ont été transcrites en dix-huit mois. Le but premier de ce projet est une plus grande accessibilité des sources : les utilisateurs des bibliothèques de cette Université peuvent trouver plus facilement ce qu’ils cherchent dans les documents. L’université a également pu limiter ses coûts puisque ce sont des volontaires qui ont produit ces transcriptions.

Scripto est une ressource disponible sur le web, qui peut être très intéressante pour quiconque veut avoir une transcription d’archives familiales par exemple. Or, il va sans dire que cet outil est majoritairement utilisé par une communauté de scientifique, notamment par des historiens. Qu’il s’agisse de réduire ou de faciliter la tâche pour l’étude d’un corpus volumineux de sources, Scripto est un outil qui permet non seulement la transcription d’écritures manuscrites parfois difficiles à déchiffrer, mais également l’archivage des documents sous forme numérique. Évidemment, il existe de nombreux défis à la transcription collaborative. Le plus important d’entre ceux-ci est l’intérêt suscité par le projet. En effet, un chercheur ne peut pas simplement déposer des archives sur Scripto en espérant que quelques transcripteurs s’y intéressent. Il doit faire un appel à tous, de la publicité, pour attirer les transcripteurs. Il faudrait également réfléchir à une manière de faire en sorte que les projets puissent être utilisés par le plus grand nombre et qu’ils ne soient pas confinés à la plateforme Scripto.

 

scripto

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L’industrie du monde du jeu vidéo prend son envol dans les années 1980 aux États-Unis et au Japon, donnant naissance à une communauté virtuelle. Le Japon prend rapidement les rênes de cette industrie et Nintendo est l’une des premières consoles de jeux à être exportée aux Etats-Unis. La popularité grandissante de cette console dit nécessairement contact avec la culture japonaise. Le volet culturel que possèdent les jeux vidéos américains et japonais est une dimension à prendre en compte lorsque l’on veut diffuser l’histoire. Comment cette culture américaine et japonaise réussit à transparaître dans les jeux vidéos ?

Il faut comprendre que le jeu vidéo japonais résulte d’une adaptation du Japon au monde occidental. Le Japon possède la faculté de s’inspirer des techniques américaines pour les remodeler à son image et créer quelque chose d’unique et qui se vend très bien tant au pays qu’à l’étranger, comme c’est le cas avec Mario Bross. Nintendo reste au sommet des ventes américaines, surpassant la console de jeu américaine Xbox 360. Par la vente de cette console de jeu, les Japonais s’adaptent à la culture américaine, mais implante une partie de la culture japonaise. Par exemple, l’industrie américaine du jeu vidéo crée majoritairement des jeux en mode solo, tandis que ceux japonais sont multijoueurs. Par ailleurs, les Japonais modifient le volet culturel pour créer des jeux vidéos s’adressant à une autre culture que la sienne. L’hybridité des cultures est donc au rendez-vous, car il s’agit d’une stratégie de marketing pour séduire les joueurs.

Chacun des pays créent des jeux vidéos qui représentent leurs cultures respectives. Pour ce faire, ils se basent sur leur propre histoire ou même l’histoire d’un autre pays pour créer un scénario, des personnages, des lieux qui interpellent le joueur. Par exemple, l’image du samouraï est utilisé autant dans les jeux vidéos américains que nippon. Les jeux vidéos diffusent des faits historiques pour la présenter aux joueurs. Selon la plateforme de jeu, les joueurs peuvent avoir le choix de modifier les attributs du personnage ou même le déroulement du jeu. La culture se voit transformée et être adaptée dans un monde divertissant. Le caractère divertissant du jeu vidéo contribue au joueur à s’imprégner d’une culture qui lui est parfois étrangère.

Bref, les jeux vidéos sont imprégnés de la culture de leur pays qui se base principalement sur des bribes d’histoires qui peuvent être modifiés lors de la création du jeu ou par le joueur. D’ailleurs, les concepteurs peuvent même adapter leur propre culture pour séduire un autre public que le sien. Le caractère ludique que possède le jeu vidéo est également à considérer en tant que joueur, car il est un facteur de modification de la culture.

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