L'informatique appliquée à l'histoire | La quête du futur en histoire

CAT | Logiciels

Nov/13

12

Hypercities: hyperréalisme urbain

La cartographie urbaine est un domaine de recherche très riche, mais la piètre qualité des cartes anciennes et la difficulté de rapporter ces informations à la réalité géographique connue rendent leur emploi difficile. Du moins, jusqu’à ce qu’un instrument comme Hypercities apparaisse.

Qu’est-ce que c’est?

Hypercities (http://hypercities.ats.ucla.edu/) est une plate-forme web qui superpose des cartes anciennes sur un outil informatique de cartes modernes et d’imagerie satellitaire.

Développé conjointement (http://hypercities.com) par des équipes de UCLA, USC et CUNY, cet outil permet de comparer, évaluer et analyser des cartes multiples dans un contexte rigoureusement géoréférencé.

Comment on l’utilise?

Hypercities se manipule comme Google Earth ou un système équivalent, en latitude, longitude, altitude et azimut. Cependant, les lieux accessibles dans la plate-forme se limitent (pour l’instant) à quelques villes importantes, comme New York, Los Angeles, Paris, Rome, Londres, Berlin, Seoul, Tokyo ou Shanghai. Quelques projets spécifiques concernent de plus petites villes, comme Edmonton, Port-au-Prince, El Paso, Ollantaytambo ou Magnésia.

Lorsqu’une ville est sélectionnée, une liste de cartes anciennes devient disponible. Ces cartes peuvent être superposées (avec un contrôle de transparence) sur le globe moderne. De plus, des options d’affichage des routes, des frontières et du relief sont présentes. Le plus remarquable est la présence pour certaines villes d’une option bâtiments 3D qui ajoutent sur la surface les formes approximatives des immeubles réels tel que modélisés par l’équipe en charge d’une ville. Ainsi, l’Empire State Building est reconnaissable à New York.

Outre le mode de recherche par ville, il y a un mode de recherche par collection, où des chercheurs ajoutants des cartes spécifiques par thème ou sujet de recherche dans un espace désigné, comme l’étude approfondie de la ville d’Ollantaytambo au Pérou.

 

Qu’est-ce que ça procure à l’historien?

Hypercities constitue un moyen de diffusion très intéressant grâce à la simplicité de l’interface et l’accessibilité de la plate-forme. La capacité de démonstration visuelle est très efficace. La possibilité de superposer plusieurs cartes dans un cadre géographique exact est extrêmement fructueuse.

Cependant, l’outil ne concerne encore qu’une petite liste de villes, très inégalement décortiquées. Si New York, Los Angeles, sont très riches en informations et cartes, d’autres sont peu étudiées (Téhéran) ou même absentes (Beijing, Chicago, Toronto…). Il reste donc énormément d’espace à couvrir et à remplir.

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Oct/13

8

De cartes en coordonnées: Map Warper

L’histoire des endroits et des localités amène l’historien à étudier les cartes. La cartographie est cependant un art infiniment variable et étonnamment complexe; dès lors, la comparaison de plusieurs cartes devient ardue. C’est pourquoi Map Warper existe. Cet outil vise à permettre à un utilisateur de mette en relation des cartes existantes avec la puissance de la cartographie moderne.

À quoi ça sert?

Map Warper (http://mapwarper.net/) est une plate-forme web sur laquelle une carte précédemment numérisée peut être superposée sur les cartes actuelles. En localisant des points de contrôle communs entre les deux cartes, il est possible de corriger ainsi les inexactitudes des cartes anciennes et de comparer l’évolution géographique d’un lieu. Puisque les cartes modernes sont précisément définies en latitude et en longitude, il est ainsi possible de géoréférencer une carte préexistante, soit de rattacher des coordonnées terrestres à chaque point de la carte. Une carte passe alors d’un simple bout de papier à une collection organisée d’images localisée dans le temps et dans l’espace.

Comment ça marche?

L’utilisateur doit s’inscrire (gratuitement) avec un compte sur le site de Map Warper. Ensuite, il peut télécharger une carte numérisée au préalable, placer des bornes de contrôle correspondant aux points communs entre la carte de l’utilisateur et la carte de fond actuelle, adapter la forme de la carte ancienne pour suivre les dimensions et orientations réelles de la Terre (les géoréférences) et finalement superposer le tout sur une plate-forme cartographique en ligne, telle qu’OpenStreetMap ou Google Maps. Map Warper étant placé sous le signe du logiciel libre gratuit, toute carte sur le site devient accessible à tous les membres pour consultation et modifications, permettant un travail vraiment collaboratif.

 La base du logiciel est faite dans les langages Ruby on Rails. Le code est publié sous licence du MIT et est accessible à tous ceux qui en font la demande.

Qui a fait tout ça?

Map Warper a été développé par Timothy F. Waters du groupe Topomancy LLC (anciennement EntropyFree), avec Schuyler Erle et Shekhar Krishnan, pour le compte du réseau des bibliothèques publiques de la ville de New York (NYPL) et soutenu par le Center for Geographic Analysis de l’Université Harvard. Se disant inspiré par un outil semblable déjà inventé, le Map Rectifier de Metacarta, Waters a voulu améliorer le concept et le rendre plus accessible. Map Rectifier étant un paquet logiciel demandant une compréhension de l’informatique plus poussée; Map Warper est une plate-forme aisément accessible qui ne demande pas ou peu de connaissances informatiques.

Outre le site principal, les deux commanditaires ont chacun leur site spécifique hébergeant une implantation de Map Warper:

http://maps.nypl.org/warper/

et

 http://warp.worldmap.harvard.edu/

Qu’est-ce que ça procure à l’historien?

Par expérience, les cartes anciennes sont une ressource dont l’exploitation peut-être lourde, particulièrement lorsqu’on désire une étude quantitative et exhaustive plutôt qu’une évaluation qualitative et contextuelle de la carte. La qualité variable des cartes, la difficulté inhérente à la cartographie, l’imprécision de la géographie ancienne et l’infinie gamme des échelles se conjuguent pour compliquer la tâche de l’historien. Map Warper implifie énormément l’acte de comparer une carte ancienne avec la situation actuelle; les erreurs de formes sont corrigées et la différentes échelles sont trivialement faciles à gérer. L’économie de temps et d’effort est très grande et permet d’accélérer le passage aux phases de dénombrement, d’examen et d’analyse dans la recherche.

Est-ce de qualité?

Map Warper est cependant encore en phase beta et peut présenter des instabilités. Cependant, les expériences faites ici à l’Université de Sherbrooke sont encourageantes quant à la capacité et à l’efficacité de la plate-forme. Le gain de productivité comparativement aux méthodes de géoréférencement précédentes est si grand que cela surpasse les considérations de stabilité.

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Oct/12

25

Zotero

Zotero est un outil de gestion documentaire gratuit disponible sur Internet. Il peut être utilisé comme une « extension » de Firefox ou une application autonome. En novembre 2012, nous sommes actuellement à la version 3.0. Il s’agit d’un outil qui dispose d’un budget de marketing moins grand que les EndNote et Procite. Il est donc moins connu de tous.

Cependant, il gagne à être connu pour les historiens. Il s’agit d’un logiciel libre créé par le Center of History and New Media (CHNM). Ce système de gestion bibliographique a été conçu par des historiens pour des historiens. Il permet de collecter les données, de les classifier et de faire les références à l’intérieur d’un texte.

Il existe quatre manières d’ajouter une référence à Zotero : à l’aide de l’icône qui apparaît au bout de la barre de navigation, l’entrée de saisies manuelles, la récupération des métadonnées d’un fichier PDF ainsi qu’en y inscrivant l’ISBN.

En plus du plugin de Zotero dans Firefox, il est également possible de gérer son compte sur le site de Zotero. Par contre, il faut y entrer les données manuellement. Lorsqu’on utilise le plugin, une synchronisation se fait avec le site web et enregistre toutes les modifications. Ainsi, le site web et le plugin possèdent les mêmes informations. Attention! Assurez-vous que votre mot de passe soit le même que pour entrer sur le site web, sinon la synchronisation ne se fera pas. Ceci a pour avantage d’utiliser Zotero peu importe le lieu où est située la personne. La synchronisation va se faire à la prochaine connexion de Firefox sur votre ordinateur.

Zotero est un outil de gestion bibliographique qui permet d’organiser ses références à l’aide de collections et de sous-collections, d’annotations, par des liens vers des fichiers et bien plus. Pour chaque référence, il est possible d’insérer des notes et des marqueurs. On peut également signaler les liens entre des références par la section « connexe ». Par l’ajout de marqueurs, il est facile d’exécuter une recherche dans Zotero. Il est également possible de sauvegarder sur d’autres supports pour éviter de perdre les références. Zotero permet aussi de sauver du temps, puisqu’il est possible de l’utiliser pour citer les références dans nos travaux que ce soit en notes de bas de page ou dans la bibliographie. Il suffit de déterminer le style désiré. Finalement, il est possible de créer des bibliographies collectives. Plusieurs personnes peuvent gérer les références d’un projet collectif par cet outil.

Pour connaître plus amplement Zotero je vous invite à vous rendre sur ce lien http://www.boiteaoutils.info/2012/06/introduction-zotero-30-nouveau-tutoriel.html pour y découvrir le tutoriel daté du mois de juin. Ce tutoriel fait sur PowerPoint montre les diverses utilisations de Zotero de l’installation à l’exportation de la bibliothèque. À l’aide de Zotero, la bibliographie ne sera plus un fardeau!

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Oct/12

22

Autodesk 3DS max design 2013 VS Google SketchUp pro 8

En constatant la grande quantité d’environnements virtuels qui nous sont proposés à des fins de vulgarisation, on peut se demander si les historiens l’utilise pour autre chose. Et bien oui! L’utilisation du 3D se pratique aussi en histoire pour des fins de recherches. Toutefois, l’historien doit composer avec des outils qui ne sont pas au préalable développés pour lui. De là l’importance de connaître ces différents logiciels et leurs possibilités afin de choisir le plus adapté. Dans ce billet, je comparerai les logiciels Autodesk 3ds Max Design 2013 et Google SketchUp Pro 8.

Considérations monétaires :

Pour faire cette comparaison, j’ai utilisé la version d’essai de 30 jours d’Autodesk qui intègre tout ce que la version complète contient. Autodesk produit également une version pour jeux vidéos et est propriétaire de la suite AutoCAD 3D Map. Comparons tout d’abord le prix. SketchUp Pro se vend 495$ et 3DS,  3 675$. Cette différence donne peut-être l’impression de comparer des pommes et des oranges, mais puisque des « Educational License » existe pour ces deux logiciels, ils sont autant accessibles. 

Survol des fonctionnalités :

Interface:

L’importante différence de prix influe sur les options disponibles. L’interface de 3DS est donc beaucoup plus garnie, mais cependant beaucoup moins intuitive. Effectivement, la prise en mains de SketchUp est simple car elle est réduite à trois options de formes et une pour donner du volume, donc quatre en tout pour créer des formes de bases. Dans 3ds, les options sont trop nombreuse pour tenir à l’intérieur d’une seule barre de menu.

Création de composantes:

Pour ce qui est du fonctionnement général, SketchUp permet de placer des composantes les unes sur les autres sans difficulté. Dans 3DS, il faut connaître les coordonnées des objets sur les axes X,Y et Z. Par conséquent, il faut connaître l’ensemble des données pour bien arrimer chaque composante et avoir au prélable certaine aptitudes de perception spatiale. Il est donc plus difficile de se retrouver lorsque l’on ne place pas les composantes soi-même en place.

Angles de vues:

Ce qui est intéressant dans 3ds est la possibilité d’avoir jusqu’à quatre points de vue différents en même temps si l’on veut placer des composantes manuellement.

Unité

L’avantage le plus remarquable de 3DS sur SketchUp est la possibilité de personnaliser la valeur des unités de mesure en plus d’avoir le système métrique et états-unien ainsi que les propriétés physiques d’éléments comme l’eau. On peut ainsi décider que 1 = 1 pieds français ce qui peut faire économiser du temps de conversion et diminuer les risques d’erreurs.

Textures:

Concernant les textures, la banque de texture est évidemment beaucoup plus grande et contient plus d’options de modification (réflexion de la lumière, grosseur des grains de bois, etc.) que dans SketchUp. Il s’agit en fait d’une fenêtre complète de navigation. Il est donc avantageux d’utiliser au moins deux écrans lorsque l’on travaille avec 3DS pour permettre rapidement ce que les modifications apportent au modèle.

Intérêts pour l’historien :

Qu’est-ce qui en est de l’historien maintenant? D’abord, il faut identifier nos besoins. N’étant ni informaticiens, ni programmeurs, nous n’avons pas tous d’affinité naturelle avec l’informatique et il devient donc moins pertinent d’investir dans un logiciel spécialisé. De plus, il faut se demander si ce que l’on cherche est l’exactitude dans le réalisme de la présentation ou l’exactitude scientifique de ce qui est présenté. Avoir une grande banque de textures d’objet contemporain et d’options de modification deviendrait donc superflu si l’on se place dans l’optique de l’exactitude scientifique. Ensuite, si l’on veut que le maximum de personnes accèdent à notre travail, il faut pouvoir le transférer sur le plus de plateformes possible. 3DS ne permet que de travailler en « .3ds » tandis que SketchUp permet d’importer des modèles dans plusieurs formats différents dont le « .3ds » (dans la version pro uniquement cependant).

En conclusion, après avoir travaillé longtemps sur Google SketchUp Pro 8, touché à AutoCAD 3D Map 2010 et testé Autodesk 3DS Max Design 2013, je crois que la plupart des historiens qui veulent tenter l’expérience du 3D seront comblés par les possibilités et la simplicité d’utilisation de SketchUp.

Pour la différence de rendu graphique, voici la première maison que j’ai terminée avec SketchUp et sa soeur faite sur 3ds à partir des mêmes textures :

maison 3DS Maison SketchUp

Liens utiles:

Voici également des liens vers des tutoriels pour ceux intéressés par 3DS :

http://www.finalclap.com/tuto/cours-3dsmax-1/

http://www.youtube.com/watch?v=qm_zj3iY3u8&feature=relmfu

Pour plus d’informations sur SketchUp, vous pouvez consulter les billets suivants :

http://clioweb.espaceweb.usherbrooke.ca/blogue/?p=453 http://clioweb.espaceweb.usherbrooke.ca/blogue/?p=169

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Oct/12

10

Redécouvrir SketchUp: un logiciel gratuit et intuitif

Un archéologue m’a fait part d’une vieille question concernant un vestige de la Rome Antique; un devis de construction  inscrit sur une plaque décrivant une porte et ses composantes. Ayant peu de notions en architecture et dessin de bâtiment, mon collègue trace alors le plan, suivant les  inscriptions sur la plaque. (https://www.box.com/s/vd6owjbt74nzhdnz7gmh). Coup de théâtre! Il obtient un résultat différent de l’étude sur l’architecture antique publiée antérieurement.

Qu’est-ce que ce logiciel?

Le but de mon collègue n’était pas de diffuser son dessin. Il n’avait pas vraiment d’intérêt à partager son travail. Cependant, si on recherche des exemples de portes romaines dans l’Antiquité, on voit bien que son dessin peut enrichir les connaissances dans le domaine.

SketchUp 8  serait selon le Monde « l’un des outils de modélisation en 3D les plus populaires au monde, avec plus de 30 millions d’activations rien que durant l’année écoulée ». Sans tambour ni trompette, SketchUp 8 est passé des mains  de Google à Trimble.

Pourquoi utiliser SketchUP?

Car c’est gratuit et facile à utiliser. SketchUp tente même de deviner les formes pendant la création d’une maquette. Un bémol par contre, les formes comme un dôme peuvent enrager le dessinateur autodidacte.

Comment faire alors?

Il faut expérimenter l’interface du logiciel et au besoin se référer aux nombreuses ressources en ligne. Des tutoriels sont disponible sur YouTube et il est possible de trouver des objets ou structures déjà construits sur Trimble 3D Warehouse.

Quelle est l’utilité de SketchUp pour la communauté historienne?

On peut simuler, reconstruire et interagir avec l’environnement. Il est même possible d’arrimer ce logiciel avec Goggle Earth. De plus, il est toujours intéressant de partager ses œuvres, surtout après y avoir mis autant d’énergie!

Pour terminer, voici un exemple  incluant un plan SketchUp, une annexe goggle Earth et une photographie du site:

http://sketchup.google.com/3dwarehouse/details?mid=d002c678e2381b4fefe6e8085e5e68bb&prevstart=0


Etienne

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