L'informatique appliquée à l'histoire | La quête du futur en histoire

Archive for novembre 2012

Nov/12

27

Bandes dessinées et histoire

1830, la Révolution belge, 300, Carthage, autant d’événements et de noms historiques, autant de sources d’inspirations pour les générations futures, autant de… bandes dessinées ! C’est un client assez friand de ce genre de marchandises qui vous présente le site Bdthèque (http://www.bdtheque.com/themes.php), qui permet de trouver de véritables ouvrages et romans historiques illustrés.

En arrivant sur le site, vous êtes aussitôt placés devant divers titres de bd, mais les titres historiques se trouvent dans l’onglet  »Thèmes », où en le sélectionnant, vous avez accès à plus de 271 titres couvrant divers sujets allant de la préhistoire à nos jours. Il est possible de chercher des oeuvres en fonctions de périodes chronologiques précises ou de thèmes tels : -l’Égypte pharaonique, -Cathares ou -Colonialisme. Bien que le site couvre l’ensemble des genres de Bd, surtout d’origine européenne, il permet de trouver par ce moyens de communication, des éléments adaptés à tous les types de clients. Ce peut être de remarquables ouvrages illustrés, des représentations allégoriques d’événements historiques, voire, de simple moyens de distraction pour intéresser le commun des gens à l’histoire. Néanmoins, l’un des problèmes de ce site est qu’il ne classe pas les bandes dessinées historiques selon leur degré de réalisme. On peut trouver des bandes dessinées qui sont des livres d’histoire comme la série  »Napoléon » (http://www.bdtheque.com/main.php?bdid=8234), on côtoie des ouvrages qui sont un peu moins réalistes comme  »Les Oubliés de l’Empire » (http://www.bdtheque.com/main.php?bdid=8912) et des ouvrages pour enfants tels que  »Rataplan et l’ibis d’or » (http://www.bdtheque.com/main.php?bdid=6778). Le site lui-même dispose de nombreux moteurs de recherche et a été créé de façon à permettre une utilisation facile, sans devoir faire de grandes acrobaties pour trouver ce que l’on cherche. Les couleurs sont brunes et calmes, auxquelles s’ajoutent des images des bandes dessinées recherchées avec de rares publicités.

Bref, l’intérêt de ce site est qu’il permet de parler de la culture contemporaine, de représentations alternatives de l’histoire et de s’amuser.

Le but d’un tel site n’est évidemment pas de faire de la recherche historique et des données historiques brutes, mais il permet de trouver de remarquables illustrations et représentations du passé. De même, pour les chercheurs s’intéressant aux bandes dessinées elles-mêmes, il représente une collection très impressionnante d’interviews de dessinateurs et une bonne source de liens vers des sites spécialisés sur les bandes dessinées. De même, il offre un catalogue assez intéressant de bandes dessinées anciennes et nouvelles, permettant de faire des comparaisons et des analyses sur ces thèmes. Il permet également de montrer certains phénomènes historiques dans la culture populaire et d’analyser la façon dont ces phénomènes sont traités dans cette industrie.

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Nov/12

23

Jouons aux esclaves!

Jouer aux esclaves? La phrase peut sembler étrange. C’est pourtant ce que la compagnie  Serious Games Interactive offre avec l’edulogiciel Slave Trade .  Ce jeu nous place dans la peau d’un enfant esclave qui évolue dans l’environnement du commerce triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et les Caraïbes.

Le jeu est bien fait. On éprouve même un certain intérêt à jouer, c’est l’fun comme dirait mon neveu, y’a des bonhommes! Je trouve en fait peu de défaut au produit. Cependant, si j’ai la capacité de faire la part des choses, qu’en est-il du jugement d’un enfant de 7 ans à qui ce produit est destiné?

Imaginons un enfant et son ami en classe, disons un enfant noir. Comment ces deux enfants vont-ils interagir suite à l’usage de ce jeu? Je  pense qu’il y a un certain risque de dérive. Il est possible qu’avec un bon encadrement, ce jeu permet de sensibiliser; les enfants sont capables d’ouverture, ils peuvent être très mesquins aussi.

Slave Trade soulève nombre de questions éthiques. Peut-on avoir du plaisir à apprendre avec un objet aussi délicat que la traite des esclaves? Comment peut-on garder l’intérêt d’un enfant? Avec des tâches plaisantes comme un Tétris géant dans un négrier? J’ai des doutes.

Pouvons-nous aborder le génocide rwandais ou la Shoah de la même manière? N’y a-t-il pas certains sujets tabous que nous devrions aborder autrement que par l’aspect ludique?

Nous sommes souvent incapable de saisir l’ampleur de la traite négrière et du commerce atlantique, les statistiques deviennent souvent absurdes. Même si Slave Trade est une réalité aseptisée, on peut dire que Serious Games Interactive a fait un effort louable pour aborder la matière.

Les Serious Games sont  là pour rester, il est bon de garder un oeil critique sur cette pratique.

Slave Trade

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Nov/12

20

La Laura Plantation

La Laura Plantation est un site touristique sur les plantations de cannes à sucre en Nouvelle-Orléans. Lors d’une visite en été dernier, j’ai constaté comment elle se distingue de ses compétiteurs en proposant une approche intéressante qui inclut une histoire de l’esclavage en plus de proposer des visites en langue française. Qu’en est-il au niveau du web? Car après tout,  une bonne stratégie web peut déterminer de la bonne progression du site touristique. Dans ce billet nous allons analyser le contenu du site et voir en quoi cela diffère d’une expérience réelle.  Le contenu est également très important puisqu’il laisse entrevoir les objectifs des propriétaires. Finalement le contenant nous démontrera comment les propriétaires se soucient de leur image web.

Au niveau du contenu, le site est relativement complet. Après avoir brièvement expliqué ce qu’est la culture créole sur la page d’accueil, l’onglet suivant se concentre sur la planification de la visite de la Laura Plantation. En plus de retrouver la section « tickets », on y retrouve également des informations sur l’horaire des tours guidés, des informations pour les groupes, ainsi que les recommandations générales. Une autre partie du site internet initie à l’histoire des plantations de canne à sucre. Dans cet onglet l’on retrouve plus précisément des informations sur la famille Laura’s ainsi que sur les origines créoles de celles-ci. Finalement, une dernière sous-section est consacrée aux registres d’esclaves et à leurs valeurs monétaires.  La place de l’esclavage est donc très limitée si on la compare à une visite réelle sur le site de la plantation. Sur un tour de 90 minutes, l’on passe environ 15 minutes à parler des esclaves de la plantation.

Le site internet comporte un en-tête qui contient le logo de la plantation et les récompenses reçues par l’entreprise. Celui-ci est suivi d’un menu en dessous et de la zone de texte. Des publicités se retrouvent en tout temps sur n’importe quelle page consultée. Cela laisse entrevoir l’objectif commercial du site puisque plusieurs onglets nous dirigent vers le magasin en ligne. Quelques pages sont absentes ou encore « en construction », et ce, malgré les 4 ans qui nous séparent de la création du site. Par exemple, lorsque l’on clique sur l’onglet « what’s new ? », une page vide apparaît avec aucune information. Le site gagnerait, au niveau du contenant, à remplir ces espaces vides, mais encore là, nous pouvons questionner la réelle intention des propriétaires de la Laura Plantation.

L’une des originalités du site se situe au bas de la page web dans des onglets qui valorisent certains aspects précis de la plantation. Par exemple, un onglet décrit les nombreux jardins que l’on retrouve dans la plantation et met l’accent sur la diversité florale de celui-ci. Si cette section est bien faite ainsi que celle de l’historique de la plantation, on peut tout de même reprocher un certain nombre d’éléments essentiels.

Plusieurs lacunes sont donc attribuables au site internet lorsqu’on le compare avec une vraie visite. Tout d’abord, il omet de dire que la Laura Plantation a gagné ses prix de tourismes surtout parce qu’elle faisait une place à l’histoire de l’esclavage. Un autre volet qui serait à approfondir (c’est ce qui déçoit le plus dans le site internet) est l’absence d’une traduction en français. En effet, depuis quelques années, en coopération avec le CODOFIL, La Laura Plantation offre des tours guidés en français afin d’attirer un public francophone. Ces efforts devraient être conciliés avec une mise à jour du site afin de vraiment montrer les avantages de la plantation. Or, on peut facilement questionner le désir de mettre en place des moyens pour attirer les Français dans ce type d’entreprise (qui au final attire une clientèle à grande partie anglophone). Finalement, on peut questionner les réelles intentions du site internet de la Laura Plantation. Malgré plusieurs informations intéressantes, il est clair que celui-ci est construit dans le but de faire vendre des articles complémentaires à une éventuelle visite du site touristique. En ce sens, le site internet est réussi. Par contre,  pour ce qui est de nous faire valoir une expérience réelle du site de la Laura Plantation, les énormes lacunes du site nous font croire que les administrateurs devraient peaufiner leur site internet afin de rendre compte plus fidèlement de l’expérience Laura Plantation.

www.lauraplantation.com

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