L'informatique appliquée à l'histoire | La quête du futur en histoire

Archive for septembre 2010

Pour ma première participation au blogue, peut-être vous en étiez-vous déjà douté, mais je choisi de vous présenter le site de Stephen High, Oral History. Lors de l’une de nos rencontres, j’ai pris le temps de vous dire à quel point j’admirais le travail et les ressources affichés sur le site http://storytelling.concordia.ca/oralhistory/. Dans la présente intervention je tenterai de mettre de côté ma subjectivité (du mieux que je pourrai), pour regarder différemment le site et ses ressources.

D’abord, le site Oral History démontre l’attrait croissant pour l’histoire orale et nous rappelle que cet intérêt provient principalement de l’accessibilité des technologies numériques, comparativement aux technologies analogiques. Comme il est mentionné dans la présentation du site, l’histoire orale a toujours existé, mais comme les ressources analogiques étaient soit trop onéreuses, soit trop complexes d’utilisation, les historiens avaient souvent recours à des retranscriptions dans lesquels un ensemble d’éléments ne sont plus perceptibles, par opposition à une source complète audio et dans le meilleur des mondes, audio-vidéo, qui a l’avantage de conserver le non-verbal.

Le site contient aussi une liste et une description de l’ensemble des ressources disponibles pour la numérisation des sources analogiques, mais aussi pour la création de nouvelles sources, par l’enregistrement audio ou audio-vidéo d’entrevues et de témoignages.

Les projets en cours du département sont aussi sur le site et concernent surtout l’histoire des travailleurs du milieu industriel. Par contre, on trouve aussi des projets concernant la communauté chinoise de Montréal et les Montréalais ayant été déplacés par des génocides ou violations aux droits humains.

Le site s’adresse principalement aux chercheurs de niveau universitaire, professeurs et étudiants.

Principal intérêt pour les historiens : le fait qu’il est possible d’utiliser des sources nouvelles, mais aussi d’approcher l’histoire sociale et publique sous un autre angle. Le témoignage des gens est un point de vue autant qu’une source sur une époque donnée. Il s’agit de rendre possible l’étude et la conservation du patrimoine collectif contenu dans le vécu des citoyennes et des citoyens ayant vécu l’historie.

Sur le plan technique, le site est très bien construit et la navigation y est convivial. Quelques vidéos sont disponibles, mais malheureusement ne permette pas d’avancer ou de reculer le contenu, sinon pour passer d’une vidéo à l’autre. Armez-vous de patience si vous voulez réentendre la dernière phrase d’une séquence.

Un oubli majeur qui a été mentionné par Léon en cours : l’aspect émotionnel de la source. Pour paraphraser simplement, la source écrite ne cherchera pas à vous émouvoir comme le travailleur ayant perdu son emploi. Il semble que les techniques d’abord d’entrevue, ensuite d’analyse des sources visant à éviter le phénomène, ne sont pas mentionnées.

En fait, le site propose un excellent survol du programme d’histoire orale de Concordia, mais comme il néglige fortement la méthodologie, on ne peut à sa seule lecture, porter un jugement clair sur l’ensemble du projet.

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En août 2010, un ambitieux projet de recherche historique a vu le jour. Suite au colloque international sur les Filles du Roy qui s’est tenu à Québec dans le cadre du 400e anniversaire de la ville, un groupe de personnes intéressées par l’histoire des femmes ont décidé de faire la lumière sur ces envoyées « spéciales » de Louis XIV. La Société d’histoire des Filles du Roy a ainsi été formée avec comme objectif de faire sortir de l’oubli, mais surtout, de réhabiliter ces femmes à la réputation salie par un jeu de mots trop simpliste qui court depuis 300 ans ; Filles du Roy, Filles de joie. Pour ce faire, un inventaire de chacune d’elle sera fait afin de retrouver leurs origines françaises, leur famille, condition sociale, descendances, etc.

Le site internet de la Société d’histoire des Filles du Roy est tout aussi ambitieux que le projet lui-même. Afin d’assurer la diffusion internationale, le groupe entretient efficacement un site web. Utilisant le moteur de blogue WordPress, le site est facilement navigable et il est mis à jour assez régulièrement pour nous tenir informés de l’évolution du projet. Il permet aussi de rendre accessibles les derniers résultats de recherche au grand public. Par exemple, l’une des pages ajoutées quelques semaines après l’ouverture du site présente un tableau avec le nom des époux des Filles du Roy. Ces informations sont potentiellement intéressantes pour la généalogie. D’ailleurs, l’un des objectifs de la SHFR est justement de « développer la généalogie par les femmes en établissant des lignées matrilinéaires » des Filles du Roy.

Puisque le site vient tout juste d’être mis en place, il est difficile d’évaluer pour l’instant son impact sur la recherche historienne. La SHFR fait toutefois un appel intéressant aux apprentis historiens en quête d’un sujet de Maître : pourquoi ne pas leur donner un coup de main? Une fois l’inventaire terminé, celui-ci pourra servir pour d’autres recherches quantitatives de tout genre ne visant pas exclusivement les Filles du Roy. Pour ce qui est de la qualité du site, on note surtout la simplicité esthétique qui n’enlève toutefois rien au contenu et rend la navigation encore plus facile. Même si on ne doute pas de la qualité des informations diffusées sur le site, on apprécierait toutefois que les mises à jour ou les nouvelles pages du site soient signées par autre chose qu’un simple pseudonyme.

http://lesfillesduroy-quebec.org/

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